"Toutes les capacités de production françaises sont saturées par d’autres vaccins, dans l’immédiat", indique un porte-parole du ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance. Estimant qu’il "n’y a pas, aujourd’hui de sites disponibles qui permettraient de développer par exemple le vaccin russe", à l’inverse de l’Italie qui prévoit de produire des vaccins Sputnik dès l’été prochain. Le porte-parole n’exclut pas, sur ce sujet, des "échanges entre industriels, peut-être", mais rien qui ne soit connu, a priori du gouvernement. En tout cas officiellement à ce stade. Le soutien des laboratoires vétérinaires, un temps envisagé (lire l'enquête de L'Usine Nouvelle ci-dessous), n’a pas non plus, pour le moment, débouché sur des solutions concrètes.
Quatre sites engagés dans le remplissage
Actuellement, quatre sites de production en France sont engagés pour le remplissage et le conditionnement de vaccins anti-Covid : Delpharm, pour le compte de BioNTech (vaccin Pfizer/BioNTech) sur son site de Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-Et-Loir), Recipharm pour le compte de Moderna à Monts (Indre-et-Loire), Fareva à Pau (Pyrénées-Atlantiques) pour le compte de CureVac, et Sanofi à Marcy-L’Etoile (Rhône) pour le compte de Johnson & Johnson (vaccin Janssen, qui pourrait être autorisé le 11 mars par l'Europe) ainsi que pour son propre vaccin qui pourrait arriver en fin d’année.
Démarrage imminent des premières productions
Aucune de ces productions n’a encore démarré selon le ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance. Pour Delpharm, "le début de production devrait démarrer la semaine prochaine ou celle d’après, dans les deux prochaines semaines qui viennent en tout cas, pour libérer des lots courant avril", indique un porte-parole ministériel. Viendra ensuite le tour de Recipharm qui devrait démarrer "sa production fin mars, début avril, avec deux lignes dédiées. Une étude de faisabilité est en cours pour une troisième ligne qui pourrait être mise en place", souffle-t-on encore au ministère.
Concernant le vaccin de CureVac, qui n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché, le démarrage de la production chez Fareva serait envisagé vers la fin du mois de mai. Sanofi envisage, de son côté, de démarrer la production du vaccin Janssen au troisième trimestre 2021. La production de son propre vaccin dépendra de l’avancée des études cliniques en cours.
Toutes ces productions ne concernent que le remplissage des flacons et le conditionnement de vaccins, mais pas la production de principes actifs, le cœur des vaccins. Seul Sanofi dispose d’un site pour la production de l’antigène de son premier vaccin en développement, à Vitry-Sur-Seine (Val-de-Marne).



