Le groupe d’ingénierie français Segula Technologies installé à Nanterre (Hauts-de-Seine) et le britannique Intersurgical, spécialiste des dispositifs médicaux pour les voies aériennes et l’assistance respiratoire, s’associent pour fabriquer en France des filtres respiratoires destinés aux machines respiratoires.
Dans ce partenariat, Segula Technologies va jouer le rôle de "maître d’œuvre" pour la fabrication à façon de ces filtres respiratoires, pour le ministère de la Santé. Le groupe d’ingénierie qui ne communique pas son chiffre d’affaires, emploie 13 000 salariés dont 6 700 en France, va organiser et coordonner la production en France des filtres conçus et produits par Intersurgical. Ce dernier fournit aujourd’hui le Royaume Uni, l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Japon et se trouve en limite de capacité en raison de la forte tension sur ces produits actuellement. "Nous ne créons pas de produit. Nous lançons de façon expresse en France la fabrication du filtre de notre partenaire Intersurgical" explique Damien Convert, directeur commercial et marketing de Segula Technologies qui pilote le projet. Ces filtres microbiologiques de type électrostatique sont compatibles "avec toutes les machines respiratoires", précise Segula Technologies qui porte la responsabilité du projet.
Mobiliser les fournisseurs normands de l’injection plastique et de l’assemblage
Le groupe français va s’appuyer sur l’expertise de son bureau d’études de Caen (Calvados) et sur un réseau de fournisseurs normands de l’injection plastique et de l’assemblage travaillant habituellement pour l’industrie automobile. L’assemblage et le test des filtres vont être assurés par Alliansys à Honfleur (Calvados), l’injection des enveloppes plastiques par Axindus à Louvigny (Calvados) et Orne Plastics à l’Aigle (Orne). Le matériel filtrant (fibres) sera, quant à lui, fourni par Intersurgical. Alors que Segula Technologies va assurer la gestion globale du projet, Intersurgical, le concepteur de ce filtre jusque-là non produit en France, va valider les processus de test et de contrôle qualité.
"L’enjeu est de réussir à compresser le temps pour mettre en place une filière industrielle française en trois semaines au lieu de… six mois !" observe Damien Convert. Segula Technologies et Intersurgical se fixent l’objectif de commencer la production de ces filtres "à la fin du mois d’avril". En termes de volumes, ils visent la production de 300 000 filtres par semaine, la moitié étant destinée à la France - via la passation d’un marché public en procédure d’urgence - et l’autre au marché européen. "Soit l’équivalent d’un semi-remorque de filtres par semaine" résume Damien Convert. La production est prévue pour durer "plusieurs semaines" selon Segula Technologies. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, a salué ce projet franco-britannique qui va permettre "de mieux sécuriser les approvisionnements en filtres des services de réanimation médicale français et européens dans les prochaines semaines".



