Orano a inauguré, mardi 14 septembre, son nouveau centre d’innovation en métallurgie extractive (CIME) à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne). Le bâtiment de 8 300 mètres carrés à la façade rouge, pour lequel le groupe a investi 30 millions d’euros, regroupe les activités de recherche et les laboratoires jusque-là répartis sur deux sites distincts, et devenus obsolètes. La nouvelle installation permet également d’agrandir la surface de l’unité dédiée à la mise en place des pilotes industriels.
« Ce site est au cœur des grands enjeux du moment: le climat, la préservation des ressources et la santé », se félicite Claude Imauven, le président du conseil d’administration d’Orano. Le centre de R&D d’envergure mondiale est implanté sur le site d’une ancienne mine d’uranium de l'ex-Cogema.
Diversification hors de l'uranium
Depuis l’arrêt de l’activité minière en France, les 70 techniciens et ingénieurs présents sur le site ont diversifié leurs domaines de recherche. A côté de l'amélioration des techniques d'extraction de l'uranium, ils travaillent à des techniques de dépollution des sols, la recherche d’éléments radioactifs pour la recherche médicale et à la valorisation de métaux stratégiques autre que l'uranium pour le compte de clients en dehors du groupe.

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3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
« Nous voulons faire en sorte de valoriser nos compétences sur d’autres enjeux. Nous allons chercher de la disruption à notre échelle. Le nucléaire repose sur le temps long. Ce site permet d'aller très vite de la théorie à la pratique, en passant de la paillasse au pilote à l'échelle industrielle en un à deux ans », résume Philippe Knoche, le directeur général d’Orano.
Les nouvelles installations devraient permettre au site d'augmenter ses activités d'études pour des clients extérieurs, de l'ordre d'un million d'euros par an, sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros annuel. « Les effectifs du CIME devraient augmenter de 20% d'ici 2030 », promet Claude Imauven, le président du conseil d’administration.
Cap sur le recyclage des batteries
Dans le nouveau hall du CIME, l’un des premiers pilotes installés concerne le projet de recyclage des batteries Recyvabat. Mené en consortium par Orano avec le fabricant de batteries Saft, le CEA et les spécialistes du recyclage Paprec et MTB Manufacturing, il vise à extraire, à l'échelle laboratoire encore, le lithium, le nickel, le cobalt et le manganèse des batteries électriques, à des niveaux de pureté suffisants pour être réutilisés dans des nouvelles batteries en cycle fermé.
Début janvier 2022, un autre pilote industriel d'extraction liquide-liquide doit être construit juste à côté, avec une capacité de production 100 fois supérieure. Il restera une dernière étape à la mi-juin 2022, pour démontrer la faisabilité de la phase de pré-traitement des batteries. « L’objectif est d’être prêt en 2024, au moment où les rebuts issus des usines de batteries neuves seront importants », souligne Philippe Knoche.
Dans une cage vitrée juste à côté, un autre pilote étudie la fabrication de combustible Mox 2, recyclable plusieurs fois. Orano mène des essais sur trois briques technologiques en partenariat avec EDF, notamment sur un procédé de broyage cryogénique. Le combustible déjà issu du recyclage de l’uranium assure déjà 10% de l’approvisionnement électrique en France. En France, 10% de l'électricité est produite à partir de centrales alimentées en Mox. Si les testes sont concluants, « il serait possible de monter à 30% de combustible recyclé dans les installations EDF », espère le directeur général d'Orano.



