Va-t-on vers la sortie d'Orano du Niger ? Mercredi 4 décembre, le groupe français a annoncé, par voie de communiqué de presse, que «les autorités nigériennes ont pris le contrôle opérationnel» des actifs qu’il opérait dans le cadre de sa filiale La Somaïr (dont il possède 63,4% aux côtés de l’Etat du Niger). Depuis l’été 2023 et la prise de pouvoir du général Abdourahamane Tiani, le groupe français est en grande difficulté dans le pays, une de ses bases historiques, et ne peut notamment plus exporter la production de la mine et de l’usine qu’il y opère.
La production continue... sans Orano
«Les décisions prises lors des conseils d’administration de la société ne sont plus appliquées», relate Orano dans son communiqué. Alors que le groupe français avait pris la décision, mi-novembre en conseil d’administration, de stopper la production de l’usine pour privilégier le paiement des salaires, les autorités nigériennes en ont décidé autrement. «Les dépenses de production qui se poursuivent sur le site dégradent chaque jour davantage la situation financière de la société», regrette le groupe français en notant qu’il lui est toujours impossible d’exporter la production de l’usine, donc de générer des revenus.
La question désormais sera de voir si cette perte de contrôle est temporaire, ou si elle est le signe d’une éviction pérenne d'Orano de cet outil industriel qu’il opérait depuis les années 1970. Ses relations ne semblent en tout cas pas s’améliorer avec la junte au pouvoir à Niamey, en rupture diplomatique avec Paris, qui avait déjà retiré au groupe français ses permis liés au grand projet d'Imouraren, une nouvelle mine qu'il envisageait dans le pays.
L'arrêt des exportations d’uranium depuis le Niger, septième producteur mondial, ne met pas en danger l'approvisionnement des énergéticiens, qui peuvent se fournir sur un marché diversifié et disposent de stocks conséquents. Le pays est par contre important dans le portefeuille d’Orano, qui a produit 1130 tonnes d’uranium naturel dans le pays en 2023 pour une capacité normale de 2000 tonnes. La même année, le groupe avait extrait un peu plus de 7000 tonnes d’uranium naturel, notamment au Kazakhstan et au Canada.



