Onepoint relance son projet de rachat d’Evidian à Atos

Après l’arrêt des discussions entre Airbus et Atos, Onepoint s’engouffre dans la brèche pour relancer son projet de rachat d'Evidian à Atos. Sa nouvelle tentative a-t-elle des chances d’aboutir ? Difficile à dire à ce stade.

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Onepoint bureaux à Paris
Les bureaux de Onepoint à Paris.

Airbus et Atos ont annoncé, le 29 mars, mettre fin à leurs discussions en vue d’une prise de participation de 29,9 % par l'avionneur dans la capital de la future société Evidian, qui regroupe les activités « Digital, Big data et Sécurité » du groupe français de services du numérique. Onepoint, le cabinet de conseil en transformation numérique de David Layani, un autre prétendant en embuscade, s’est immédiatement engouffré dans la brèche pour relancer son projet de rapprochement avec Atos.

« Dans ce contexte, les équipes de Onepoint sont totalement mobilisées et étudieront toutes les possibilités de rapprochement, dans le cadre d’une acquisition d’Evidian, pour apporter une solution française pérenne et ainsi satisfaire toutes les parties prenantes », annonce la société dans une déclaration reçue par L’Usine Nouvelle.

Peu d'options pour Atos

Onepoint avait surpris le secteur numérique français en faisant une offre de rachat d’Evidian à 4,2 milliards de dollars. Cette offre avait été rejetée par le conseil d’administration d’Atos en septembre 2022, mais son PDG David Layani n’entend pas se laisser décourager. Le retrait d’Airbus de la course lui laisse le champ libre pour revenir à la charge, d'autant qu'Atos se retrouve aujourd’hui devant peu d’options. Thales, pressenti comme un prétendant potentiel, s’est finalement déclaré non intéressé, tout comme Orange. Resterait la possibilité de trouver un partenaire étranger, de préférence européen pour éviter le véto de l’Etat français en raison de la sensibilité de certaines activités d’Evidian, comme la cybersécurité, le calcul intensif ou le quantique.

Il n’est pas clair si David Layani veut toujours s’emparer de 100 % d’Evidian ou s’il se montre ouvert à d’autres formes de rapprochement. Le rachat complet de la société est-il compatible avec le plan stratégique d’Atos, qui prévoit la scission et la cotation en bourse d’Evidian au troisième trimestre 2023 et la distribution de 70,1 % de son capital aux actionnaires actuels du groupe ? Pas si sûr. A ce stade, seule la part de 29,9 %, qu’Atos prévoit de détenir dans Evidian puis de monétiser pour financer la transformation de son activité historique d’infogérance, est à vendre.

Changer de dimension

Evidian regroupe à la fois des activités de services du numérique (cloud, data, sécurité...) et des activités de construction de matériels (modules de sécurité, supercalculateurs, serveurs à hautes performances...) avec une usine à Angers (Maine-et-Loire). La société compte environ 60 000 collaborateurs dans le monde et affiche un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros. De son coté, Onepoint se positionne exclusivement sur les services du numérique avec plus de 3 300 salariés et un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Le rachat d'Evidian le ferait changer à la fois de dimension et de métier. C'est d'ailleurs l'ambition de David Layani.

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