Après le scandale, le pénal. Nestlé France a annoncé vendredi 5 juillet sa mise en examen la veille pour "homicide involontaire, blessures involontaires et tromperie" dans l'enquête sur les pizzas Buitoni contaminées à la bactérie E.coli, suspectées d'avoir provoqué la mort de deux enfants et l'hospitalisation de dizaines d'autres. La filiale exploitant l'usine de Caudry (Nord), où les pizzas avaient été fabriquées, a elle aussi été mise en examen le 2 juillet, selon un communiqué de l'entreprise.
Contactée par L'Usine Nouvelle, une source proche du dossier fait savoir que Nestlé «pense avant tout aux familles» et assure que «nous nous engageons à faire toute la lumière sur cette affaire et à en tirer les leçons».
Vers une réouverture de l'usine à l'automne sous pavillon italien
De Caudry sortaient 14000 pizzas Fraîch'up surgelées par jour. Elles y étaient assemblées sur une pâte non-cuite, propice au développement de bactéries. Et si les prélèvements effectués aux prémices du scandale sanitaire étaient tous négatifs, les dires des salariés de l'usine faisaient état de risques identifiés. La suppression d'une équipe de nettoyage de nuit avait ainsi fait l'objet de négociations salariales.
En mai 2021, les conditions sanitaires dans l'usine avaient déjà été dénoncées par un informateur présenté comme un salarié par le site Mr Mondialisation. Selon cette source, «les procédures ne sont pas respectées et les heures de nettoyage sont consacrées à un simple dégrossissement des surfaces apparentes de l’usine. D’abord à grande eau, puis avec des détergents qui 'posent' en moyenne 5 minutes au lieu des 20 minutes requises». Des accusations fermement contestées par Nestlé à l'époque.

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Quelques jours après l'ouverture d'une information judiciaire par le Parquet de Paris, l'association de défense des consommateurs Foodwatch avait annoncé déposer contre Nestlé une plainte visant sept infractions, parmi lesquelles «la mise en danger de la vie d'autrui», «la tromperie aggravée» ou encore «l'exposition ou la vente de produit alimentaire servant à l’alimentation falsifié ou corrompu et nuisible».
L'usine, à l'arrêt depuis la découverte des premiers cas en mars 2022, a été rachetée en février 2024 par Italpizza. La production devrait reprendre à l'automne, espère le groupe italien, qui a prévu d'y investir 12 millions d'euros. Le marché de la pizza surgelé, lui, pâtit toujours de ce scandale sanitaire.



