Quelques jours après que le parquet de Paris eut décidé l'ouverture d'une information judiciaire dans l'affaire des pizzas Fraich'Up de Buitoni contaminées par la bactérie E.coli, l'association de défense des consommateurs Foodwatch enfonce le clou. L'ONG a annoncé déposer plainte contre Nestlé, le groupe propriétaire de la marque Buitoni. Une plainte similaire sera déposée contre Ferrero, dont les Kinder contaminés par des salmonelles ont été retirés du marché.
Sept infractions
Les plaintes de l'association doivent être déposées ce 19 mai dans l'après midi et concernent sept infractions parmi lesquelles «la mise en danger de la vie d'autrui», «la tromperie aggravée» ou encore «l'exposition ou la vente de produit alimentaire servant à l’alimentation falsifié ou corrompu et nuisible». « Lorsqu’on est un géant de l’agroalimentaire comme Nestlé ou Ferrero, on ne peut ignorer la loi et prendre à la légère ses responsabilités concernant la sécurité sanitaire des aliments» explique l'association dans un communiqué de presse.
Foodwatch, qui s'est associée aux familles de victimes pour le dépôt de ces plaintes, pointe notamment du doigt le manque de réactivité des industriels. Dans le cas de Kinder par exemple, il est avéré que des traces de salmonelles avaient été retrouvées dès le 15 décembre 2021, alors que les produits n'ont été retirés qu'en avril 2022. L'association déplore également le manque d’empathie, le cynisme (l’envoi de bons d’achat de 10 euros) et la mauvaise gestion des victimes une fois les scandales exposés. «Ce sont des facteurs aggravants [qui] s'ajoutent aux sept infractions graves listées» précise le communiqué.
Les auto-contrôles de nouveau pointés du doigt
Via cette plainte, l'ONG remet une nouvelle fois en cause les auto-contrôles. Ces systèmes, mis en place à la suite du scandale de la vache folle en Europe, imposent aux industriels de faire régulièrement des contrôles sur leur chaîne de production. Il est de leur responsabilité d'avertir les autorités sanitaires si les résultats de ces contrôles ne sont pas conformes. Dans le cas de Buitoni comme dans celui de Kinder, aucun des contrôles réalisés par les industriels n'a été remonté. « Dans les deux cas, ce sont les autorités sanitaires qui ont dû tirer la sonnette d’alarme face à un pic épidémique inquiétant. Alors que l’alerte aurait dû partir des fabricants. Comment Nestlé et Ferrero, responsables de s’assurer de la sécurité des aliments qu’ils commercialisent, ont-ils pu laisser sortir de leurs usines depuis des semaines des produits contaminés sans le remarquer ?» questionne l'association.
En marge de ces plaintes, Foodwatch publie une lettre ouverte que les citoyens peuvent signer. Les signatures seront ajoutées à la plainte, explique l'ONG. «Avec ces plaintes, nous prenons la défense des consommateurs et consommatrices et exigeons des sanctions exemplaires », ajoute Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France.



