Habituellement 100 000 pizzas Fraîch'up par semaine, soit plus de 14 000 par jour sortent du site Buitoni de Caudry, dans le Nord. Cette usine est la seule à fabriquer les pizzas à l'origine de l'épidémie d'infections graves à E.coli qui a déjà contaminé 75 enfants en France et provoqué la mort de deux d'entre eux.
Les deux lignes de production à l'arrêt
Face à cette situation, la Direction départementale de la protection des populations a, dès le 18 mars, ordonné la mise à l'arrêt de la ligne de production d'où sortent les pizzas Fraîch'up. L'objectif: mener des analyses pour comprendre la source de contamination. «Aucun élément n'a été trouvé, il a donc été décidé d'étendre les recherches à d'autres parties de l'usine » précise un porte-parole de Buitoni. Ces nouvelles recherches ont amené à la fermeture de la deuxième ligne de production de l'usine. A la différence des pizzas Fraîch'Up qui sont assemblées sur une pâte non cuite, les produits issus de cette seconde ligne de production font l'objet d'une pré-cuisson. «La bactérie E.coli est très sensible à la chaleur, il y a donc beaucoup moins de risque sur cette partie de la production » ajoute le représentant de la marque.
Au total, plus de 74 prélèvements auraient déjà été effectués sur le site de production. «Tous négatifs», assure Jérôme Jaton, directeur général industriel de Nestlé France présent à Caudry le 30 mars. De l'arrivée des matières premières jusqu'à l'étape de surgélation en passant par l'assemblage, tous les process de production sont passés au crible. «Nous n'avons pas trouvé de trace de bactérie E.coli dans notre usine, nous ne comprenons pas», ajoute le responsable en précisant que, chaque semaine, 10 000 contrôles en moyenne sont déjà effectués sur les pizzas sortant de l'usine.

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Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Des conditions d'hygiène dénoncées par les syndicats
Une incompréhension que relativise Maryse Treton, déléguée syndicale CGT spécialiste de l'agro dans le Nord qui suit la situation à Caudry : «Cela fait des années que l'on sait que l'on va avoir un pépin», explique-t-elle à L'Usine Nouvelle. En cause selon la syndicaliste : la suppression des équipes de nettoyage de nuit pour faire tourner l'usine 24 heures sur 24. «Auparavant, une équipe d'hygiénistes intervenait tous les soirs dans les parties difficiles d'accès des machines. Désormais, ce sont des salariés peu formés qui doivent s'en charger», détaille Maryse Treton. Le sujet a d'ailleurs été à l'ordre du jour des dernières négociations salariales. « Certains salariés assument jusque neuf postes, une prime de polyvalence a donc été demandée ». Des accusations que contestent les représentants du groupe. «L'usine travaille en 27X5, c'est à dire 27 heures de production pour cinq heures de nettoyage, ce sont des normes très strictes et depuis 2015 nous avons aligné les deux lignes sur cette norme».
Pourtant, en mai 2021, les conditions sanitaires au sein de l'usine avaient déjà été dénoncées par un informateur présenté comme un salarié par le site Mr Mondialisation. Selon la source citée par le site, «les procédures ne sont pas respectées et les heures de nettoyage sont consacrées à un simple dégrossissement des surfaces apparentes de l’usine. D’abord à grande eau, puis avec des détergents qui 'posent' en moyenne 5 minutes au lieu des 20 minutes requises». Des propos qui ne reflètent absolument pas la réalité des conditions de travail et de propreté de l'usine, se défend Buitoni. «D'ailleurs, des contrôles inopinés de la DDPP [Direction départementale de la protection des populations, ndlr] ont été menés en septembre 2020 et en mars 2021 et ils n'ont révélé aucun dysfonctionnement» révèle la marque.
Alors que Santé Publique France a établi le lien entre plusieurs cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) et la consommation de pizzas surgelées de la gamme Fraîch’Up de la marque Buitoni contaminées par des bactéries Escherichia coli, la marque explique prendre ses responsabilités. Elle a rappelé tous les lots produits depuis le 1er juin 2021. «Je suis de tout cœur avec ces familles qui ont des cas d’intoxication, souvent avec de jeunes enfants » explique Jérome Jaton. Un numéro vert (0800 22 32 42) a d'ailleurs été mis en place par Nestlé pour accompagner les consommateurs.



