Nelson Tanure tente le rachat de Braskem

Après Adnoc qui avait fini par jeter l'éponge, un nouveau candidat se profile pour le rachat des participations de Novonor dans le pétrochimiste brésilien Braskem, avec la proposition du magnat brésilien Nelson Tanure. L'opération est cependant loin d'être bouclée.

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Braskem est notamment connu pour son polyéthylène biosourcé à base de canne à sucre?

Le magnat brésilien Nelson Tanure a récemment signé un protocole d'accord en vue d’acquérir la participation majoritaire de Novonor dans Braskem, le plus grand producteur pétrochimique d’Amérique latine. Cette opération, confirmée vendredi 30 mai par un communiqué officiel, relance les spéculations autour de l’avenir de la société, longtemps engluée dans des problèmes de dette et de gouvernance.

Depuis plusieurs années, Novonor — anciennement Odebrecht — cherche à céder sa part dans Braskem, sans succès. Fragilisée par un scandale de corruption majeur et une dette bancaire garantie par ses actions Braskem, la holding n’a jamais pu conclure d’accord viable. Tanure, via un fonds d’investissement, propose aujourd’hui une alternative à ce blocage.

L'aval nécessaire de Petrobras

Mais cette tentative de reprise ne se fera pas sans conditions. L’accord entre Tanure et Novonor devra être validé par Petrobras, l’autre actionnaire clé de Braskem. La compagnie pétrolière publique, qui détient 47 % des droits de vote, souhaite renégocier les termes de l’actionnariat afin d’accroître son influence sur la gouvernance de l’entreprise. Actuellement sous-représentée au sein du conseil d’administration, Petrobras aspire à un rôle plus central, similaire à celui qu’elle a obtenu chez Eletrobras.

Par ailleurs, les créanciers de Braskem, dont la banque publique BNDES, accueillent l’offre de Tanure avec prudence. Préférant un plan progressif de restructuration et de cession des actions données en garantie, ils restent sceptiques quant à la solidité de l'offre et à la stratégie de Tanure, dont les détails financiers n’ont pas encore été rendus publics.

Braskem reste en position délicate, avec une dette brute de 8,6 milliards de dollars et une perte nette de 1,89 milliard en 2024. Malgré une trésorerie de 2,4 milliards, la récente dégradation de sa note de crédit par Fitch (de BB+ à BB) confirme les incertitudes qui pèsent sur son avenir.

Des propositions de rachats avortées

Plusieurs acteurs — Adnoc, Unipar, J&F Investimentos ou encore LyondellBasell — se sont déjà cassé les dents sur la complexité du dossier Braskem. L’offre de Tanure pourrait-elle enfin débloquer la situation?? Si elle reçoit l’aval de Petrobras et des banques, elle marquerait un tournant décisif pour l’avenir de l’industrie pétrochimique brésilienne.

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