Nationalisation des autoroutes, taxes sur l'aérien et les camions... Quelles pistes pour financer les infrastructures de transports ?

Le Premier ministre lance ce 5 mai la conférence "Ambition France Transports" avec pour priorité de régénérer les infrastructures ferroviaires et routières et de développer les RER métropolitains. Reste à trouver les financements en période de disette... Dix semaines d'ateliers doivent permettre d'avancer sur ces questions.

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RER A transports Ile-de-France
Le réseau ferré nécessitera plus d'1 milliard d'euros supplémentaires d'investissements par an à partir de 2028.

Attendue depuis des mois, Ambition France Transports, cette conférence sur le financement des mobilités à l’horizon 2040 présidée par Dominique Bussereau, a débuté lundi 5 mai à Marseille avec un grand raout orchestré par le Premier ministre François Bayrou et le ministre des Transports Philippe Tabarot. Cette conférence doit réunir pendant deux mois et demi les acteurs de l’écosystème des transports français pour trouver des moyens afin de répondre à trois défis : régénérer et moderniser les réseaux, augmenter l’offre de transport et accélérer la transition écologique des mobilités.

En consacrant une grande conférence à ce sujet, le gouvernement affiche sa volonté d'agir sur les transports pour réduire la fracture territoriale. Une leçon du mouvement des Gilets jaunes que le pouvoir semble avoir retenue, au moins dans les discours... en attendant les actes.

Priorité à la régénération des réseaux ferroviaires et routiers

La priorité est la régénération des réseaux. «Près de 50% des chaussées du million de kilomètres de nos routes sont dégradés, tout comme 34% de nos ponts !», a rappelé le Premier ministre à Marseille. Et autre handicap, le transport représente un tiers des émissions de CO2 en France. «La question du transport est intrinsèquement liée à la question de l’énergie, a indiqué François Bayrou. Or il est nécessaire et même vital d’accélérer le processus de décarbonation et de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles.»

Le diagnostic posé, reste à se mettre d'accord sur les remèdes. En période de vaches maigres budgétaires et alors que la part dédiée aux transports a été rabotée, trouver de nouveaux financements est le nerf de la guerre. «Notre modèle de financement des infrastructures de transport est aujourd’hui à bout de souffle, a reconnu François Bayrou. Plusieurs dizaines de milliards d’euros sont nécessaires pour régénérer et moderniser notre réseau ferroviaire, ainsi que nos routes et autoroutes non concédées.»

Renationaliser les autoroutes après 2031

Une première piste serait de renationaliser les autoroutes à l'issue des contrats des concessionnaires actuels, alors que le gouvernement de l’époque avait empoché 14,8 milliards d’euros – pour une valeur bien supérieure – affectés directement au désendettement de la France. «La fin des concessions autoroutières, programmée entre 2031 et 2036, offre une opportunité sans précédent pour les pouvoirs publics de rediriger les recettes des péages de manière durable vers les projets de transports, a prévenu l’hôte de Matignon avant de se présenter comme le chevalier blanc. En 2005, j’avais été bien seul à m’émouvoir lorsque le gouvernement de l’époque avait décidé de céder ses parts dans les sociétés concessionnaires d’autoroute. La façon dont ces opérations ont été menées a été pour moi un motif d’incompréhension et de choc démocratique et économique.»

La fin des concessions n’est pas pour tout de suite et il faudra donc trouver d’autres recettes. Des taxes sur l’aérien et les camions sont évoquées. Le gouvernement a déjà intégré au PLF 2025 un versement mobilité régional qui permet aux Conseils régionaux de disposer de nouvelles ressources pour financer davantage d’offre de transport.

Des réponses avant fin juillet

Comment trouver 1 milliard d’euros supplémentaires chaque année à partir de 2028 pour le réseau ferroviaire ? Quid des RER métropolitains souhaités par le Président de la République ? Et les 100 milliards d’euros promis pour les quinze prochaines années dans le ferroviaire ? Le doublement de la part du fret ferroviaire ? La remise en état du réseau routier ? Quatre ateliers vont se réunir à partir du 13 mai à l’hôtel de Rocquelaure : ils seront consacrés au modèle économique des Autorités organisatrices de la mobilité (AOM) et des services express régionaux métropolitains (SERM) ; au financement des infrastructures routières ; aux infrastructures et services ferroviaires de voyageurs ; au report modal et transport de marchandises. Début juillet, un séminaire de convergences doit faire le bilan des ateliers, et la conférence sera clôturée mi-juillet avec la remise d’un rapport général au gouvernement.

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