«Alpine va rentrer dans une nouvelle dynamique.» L’avenir qui semble promis à l’emblématique marque sportive française, propriété du constructeur Renault, sera sensiblement différent de ce qui a forgé sa gloire passée. La marque dieppoise lève le voile lundi 26 juin sur ses ambitions pour les prochaines années depuis son QG d’Enstone, au Royaume-Uni, où est basée l’usine de son écurie de Formule 1. Le PDG du groupe Renault, Luca de Meo, et le patron d’Alpine, Laurent Rossi, doivent préciser ensemble lundi après-midi devant la presse et les analystes financiers le détail des mesures qui seront mises en œuvre au cours des prochaines années pour offrir à Alpine une seconde vie digne de son nom.
La marque, fondée en 1955 par Jean Rédélé, a marqué l’histoire du sport automobile. Délaissée à partir de la fin des années 1990, Alpine a été relancée par Renault en 2017, avec une nouvelle version de la mythique A110. Le modèle se vend bien : en 2022, Alpine a immatriculé 3 546 voitures dans le monde, dont 2 138 rien que dans l’Hexagone (en hausse de 32,1% sur un an). Quid de la suite ? En attendant les annonces des patrons, un communiqué rendu public en début de journée dévoile les grandes lignes du nouveau plan stratégique de la marque. L’Usine Nouvelle les passe en revue.
Une nouvelle gamme composée de sept modèles
Alpine a de l’ambition. A l’instar de sa sœur Dacia, la marque s’apprête à lancer sur le marché de nombreuses nouveautés d’ici à la fin de la décennie. «À partir de 2027, une phase d’expansion mondiale débutera, appuyée par une gamme de modèles adaptés à de nouveaux marchés, dont les États-Unis, et contribuant à l’amélioration de la performance financière et de la valeur d’Alpine», annonce le communiqué. La marque travaille sur plusieurs nouveaux modèles, qui seront progressivement commercialisés au cours des prochaines années. Objectif : commercialiser une gamme 100% électrique dès «fin 2026».
Concrètement, outre l’A110, dont une version électrique verra le jour «fin 2026», Alpine va commercialiser à partir de 2024 sa future citadine A290_β (segment B). Le e Crossover GT (segment C) suivra en 2025. Arriveront ensuite, selon toute vraisemblance à partir de 2027, un cabriolet dérivé de l’A110 ainsi que la nouvelle version de l’A310, autre modèle emblématique de la marque. Mais ce n’est pas fini : deux nouveaux véhicules de segments D et E verront le jour après cela.

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Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Une vraie diversification de la gamme est donc au programme, avec de nombreux modèles commercialisés à horizon 2030 : sept, au total. Autant dire que certains ne devraient pas ressembler aux petites sportives légères et compactes que les amateurs d’Alpine affectionnent. «L’idée est de passer d’un segment de niche à une marque complète et globale», annonce Laurent Rossi, cité dans le communiqué. De toute évidence, Alpine veut jouer dans la cour des grands et devenir une marque à part entière au sein du groupe Renault, tout en restant «fidèle à son ADN de sportivité et d’agilité».
Une nouvelle plateforme dédiée en 2026
Autre nouveauté : les deux derniers modèles de segments D et E qui seront commercialisés en fin de décennie seront développés sur une plateforme haute performance dédiée à Alpine ! Surnommée APP1, elle sera élaborée en interne au cours des prochaines années par le constructeur. La marque indique que cette plateforme modulable, «capable de s’adapter en longueur comme en largeur», servira de base pour la future A110, en 2026.
Bien évidemment, pour soutenir le coût de toutes ces nouveautés, Alpine a un autre objectif, cette fois, financier. La marque vise à atteindre une marge opérationnelle à l’équilibre en 2026, avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros. Ce dernier doit quadrupler au cours des quatre années suivantes pour atteindre 8 milliards d’euros. Alpine compte parvenir à ces résultats en partant à la conquête de nouveaux marchés avec son étiquette de «marque exclusive». «La moitié de la croissance d’Alpine proviendra de nouveaux marchés au-delà de l’Europe, incluant potentiellement l’Amérique du Nord et la Chine», prévenait déjà il y a quelques mois le groupe Renault. Le constructeur ne manquera pas non plus d’utiliser l’image de marque construite par Alpine ces dernières années sur la scène automobile afin de promouvoir sa nouvelle gamme.



