La production de la célèbre berlinette d’Alpine va-t-elle être délocalisée à l’étranger ? Mardi 12 février, la direction du groupe Renault a confirmé qu’elle étudiait la possibilité d’une fabrication de la nouvelle version de l’A110 au Royaume-Uni. Développé en partenariat avec Lotus, ce futur coupé électrique pourrait être assemblé sur le site du constructeur automobile britannique de Norfolk, dans l’est de l’Angleterre, selon les précisions de La Tribune… Et non plus dans la manufacture française de Dieppe (Seine-Maritime).
« Je n’ai pas envie de claquer des centaines de millions et de plomber le business case d’Alpine pour une décision romantique. Il faut être pragmatique », a lâché le directeur général de Renault, Luca de Meo, devant des journalistes à Paris le 12 avril. « Par chance, on a trouvé la possibilité de travailler avec Lotus. Ils sont en train de faire une plateforme modulaire qui nous permettra de faire un coupé électrique deux places très compétitif. On partage les investissements », a insisté le dirigeant, tout en assurant que les deux voitures seraient « très différentes ». Et de rappeler que « le Royaume-Uni est un pays de tradition de voitures sportives, donc ils savent faire » en matière de production.
Dieppe se recentre sur le segment C
Dans le même temps, le dirigeant a cherché à rassurer sur l’avenir de l’usine normande. « Notre priorité est de remplir Dieppe avec la voiture du segment C+ que l’on va sortir en 2025 », a-t-il mis en avant. Selon lui, le futur crossover GT attendu dans l’usine normande offrirait un « cycle de vie plus stable » et des volumes plus élevés que les « 3 000 à 4 000 unités » de l’A110. « Cela aide une usine à tenir », a défendu Luca de Meo.
Relancée en grande pompe en 2017, la production de l’A110 à Dieppe n’occupe guère plus les 385 salariés du site. Selon Inovev, cette usine positionnée sur le haut de gamme ne tourne qu’à 9% de ses capacités : elle n’a fabriqué que 2 611 coupés en 2021, alors qu’elle aurait pu produire en théorie près de 30 000 véhicules, d’après les calculs du cabinet. Un niveau de charge faible qui a fait craindre une fermeture du site en 2020, au plus fort de la crise rencontrée par Renault. L’attribution début 2022 de la production d’un crossover électrique est apparue comme un motif d’espoir pour Dieppe. Pas sûr que le possible transfert de l’A110 ait le même effet.
Simon Chodorge avec Julie Thoin-Bousquié



