[Mobilité] Le gouvernement dope l’échappée de la Petite reine

La ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne a annoncé le triplement du plan vélo lancé à la sortie du confinement et vise 1 million de vélos rénovés.

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Le gouvernement veut former 500 réparateurs agréés par an.

Elisabeth Borne a prouvé la volonté du gouvernement d’accentuer le développement du vélo lors d’une conférence de presse au ministère le 29 mai. La ministre de la Transition écologique et solidaire a confirmé le triplement du plan vélo, déjà doté en avril de 20 millions d’euros. Objectif : remettre en état 1 million de vélos d’ici la fin de l’année.

L’engouement pour la Petite reine à la sortie du confinement doit être accompagné et la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB) se réjouit du "coup de pouce au vélo. Des millions de vélos dorment dans les caves et ont besoin d’une remise en état, mais les réparateurs agréés sont déjà tous débordés, indique son président Olivier Schneider. Il n’y a pas assez de réparateurs. Il faudra doubler ou tripler leur nombre, mais l’engouement concerne aussi les vélos neufs. Les rayons sont vides."

Former 500 réparateurs certifiés par an

70 000 vélos ont été réparés en moins de 20 jours. La plateforme coupdepoucevelo.fr permet la prise en charge exceptionnelle jusqu’à 50 euros d’un montant hors taxe de la remise en état d’un vélo.

Le plan - bâti avec les fédérations d’usagers, les collectivités locales et les entreprises - prévoit des formations pour inciter les vocations. "ll faudra former 10 000 réparateurs du vélo dans les prochaines années". Le gouvernement veut former 500 réparateurs certifiés par an.

Pérenniser les pistes cyclables temporaires

Le grand sujet concerne sans aucun doute les pistes cyclables temporaires qui ont fleuri dans de nombreuses agglomérations pour faciliter les déplacements à vélo après le confinement.

L’Etat a apporté un soutien technique par les services de l’État avec le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), qui a diffusé des fiches pratiques à destination des gestionnaires de voirie, et un soutien financier avec la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) mobilisée par les préfets pour cofinancer des pistes cyclables temporaires.

La ministre a précisé que le fonds annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe pour accompagner les investissements "verts" des communes à hauteur d’1 milliard d’euros supplémentaires pourrait en partie financer et pérenniser les pistes cyclables.

L’intérêt dépasse le centre-ville

Et d’évoquer "1000 kilomètres de pistes cyclables temporaires" déployées ces dernières semaines. "L'Etat accompagnera les collectivités pour qu'elles pérennisent ces pistes". Un appel à projets du fonds Mobilité active sera lancé au mois de juin pour aider ces collectivités.

"Que Paris (Ile-de-France), Nantes (Loire-Atlantique), Angers (Maine-et-Loire) ou Strasbourg (Bas-Rhin) fassent des aménagements, plus vite, plus forts, c’était attendu, se réjouit Pierre Serne, le président du Club des villes et territoires cyclables. Mais qu’un certain nombre de collectivités locales avec un faible bassin de population nous contactent, à l’image de Villiers le Bâcle (Essonne) en grande couronne (1 200 habitants) ou Saint-Loup-la-Mairé (Deux-Sèvres), c’est l’inverse de ce que l’on entend habituellement : que le vélo c’est pour le centre-ville." Ce conseiller régional d’Île-de-France Alternative écologiste et sociale se rappelle d’où "on est parti il y a quelques années et des quolibets quand on évoquait le vélo à l’Assemblée nationale."

La partie n’est pas totalement gagnée pour autant pour les défenseurs de la Petite reine : des villes comme Aix-en-Provence et Marseille (Bouches-du-Rhône) commencent déjà à démonter des pistes cyclables provisoires.

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