Menace de représailles sur Ericsson et Nokia dans la 5G en Chine

Alors que la Chine prépare une nouvelle vague d’enchères 5G, Pékin pourrait exclure Ericsson et Nokia en représailles aux politiques anti-Huawei de la Suède et de la Finlande. Le petit équipementier télécoms chinois ZTE devrait en sortir comme le grand gagnant.

 

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La Chine continue à rebattre les cartes de la 5G

De sérieuses menaces planent au-dessus d’Ericsson et de Nokia dans la 5G en Chine. Alors que les deux équipementiers télécoms européens continuent de bénéficier de l'exclusion de leurs rivaux chinois Huawei et ZTE sur de nombreux marchés, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, ils pourraient faire les frais dans l’Empire du Milieu des politiques anti-Huawei de leurs deux pays respectifs, la Suède et la Finlande.

Les opérateurs chinois se préparent à une nouvelle vague d’enchères 5G destinée principalement à la couverture des zones rurales. Ericsson et Nokia en sont parties prenantes. " Cependant, des signaux forts émanant de la Chine suggèrent que le gouvernement chinois pourrait imposer une interdiction de représailles à Ericsson à la suite de décisions similaires à l’encontre de Huawei et ZTE en Suède ", avertit Gareth Owen, analyste chez Counterpoint sur le blog du cabinet.

Avertissement d'Ericsson

En décembre 2020, la Suède a explicitement banni les équipementiers télécoms chinois Huawei et ZTE de ses réseaux 5G. La Finlande a également adopté une législation similaire sans toutefois citer aucun vendeur par son nom ou son pays d'origine. Helsinki se contente de se donner le droit d’interdire l'utilisation d'équipements de réseaux télécoms « lorsqu'il a des motifs sérieux de soupçonner qu’ils mettent en danger la sécurité ou la défense nationale ».

Ericsson, qui avait vivement protesté contre la décision anti-Huawei de Stockholm, ne se fait guère d’illusion. Il a récemment prévenu les investisseurs que « le risque de se voir attribuer une part de marché nettement inférieure à celle actuelle en Chine avait augmenté ».

" En 2020, les opérateurs mobiles chinois ont acheté environ 700 000 stations de base 5G, affirme Gareth Owen. La Chine est donc un marché clé et potentiellement énorme pour Ericsson et Nokia. Il s'agit non seulement d'un marché de volume, mais également d'un leader dans le développement de la technologie 5G. Il est donc impératif que les deux équipementiers européens soient présents sur le marché dans une perspective d'économies d'échelle mais aussi parce que cela les aide à développer et à affiner leurs feuilles de route 5G. "

Manque d'échelle de ZTE

Différents scénarios s’offrent à Pékin. La Chine pourrait décider de ne pas attribuer de nouveaux contrats à Ericsson et d’écarter aussi Nokia. Alors que Huawei souffre de pénuries de puces à cause de l’embargo américain, c’est ZTE qui sortirait alors comme le grand gagnant et se verrait attribuer une part de marché accrue. " Mais ZTE n'a pas l'échelle de ses trois principaux rivaux (Huawei, Ericsson et Nokia) et sa capacité à s'approvisionner en composants américains pourrait être brusquement réduite par le gouvernement américain à tout moment ", souligne l’analyste.

La Chine pourrait alors choisir de punir Ericsson mais de récompenser Nokia, qui est aujourd’hui totalement absent du marché chinois des stations de base 5G. " Avec un portefeuille 5G plus rentable par rapport à 2019, Nokia est dans une meilleure position en 2021, affirme Gareth Owen. Ses produits à 700 MHz ont été développés en Chine. En outre, la Finlande n'a pas spécifiquement interdit Huawei ou ZTE par leur nom, ce qui peut en quelque sorte jouer à son avantage. "

Une troisième option pourrait amener la Chine à attribuer à la fois de petits contrats à Ericsson et à Nokia pour répondre aux exigences les plus critiques, avec éventuellement une part de marché plus élevée pour Nokia. " Les besoins prévaudront-ils sur la politique? C’est hautement improbable! ", prévoit l’analyste. Car le souci de Pékin est d’éviter de mettre ses opérateurs mobiles en retard sur le plan technologique.

Nokia joue sa place dans la 5G en Chine

Les enjeux pour Ericsson et Nokia sont loin d’être négligeables. L’équipementier télécoms suédois tire 8 % de ses revenus de la Chine. Et l'équipementier finlandais, qui est aujourd’hui présent en Chine uniquement dans le cœur de réseaux 5G à travers la 4G, joue sa place dans la 5G dans ce grand pays.

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