Situés à 30, voire 70 kilomètres des côtes, les parcs éoliens offshore communiquent aujourd’hui avec les infrastructures terrestres à travers des câbles sous-marins. Une solution qui ne satisfait pas les acteurs du secteur, à en croire l’institut de recherche technologique (IRT) b<>com, implanté à Rennes et spécialisé dans le numérique.
«Tous les industriels que nous avons rencontrés au salon Seanergy [évènement dédié aux énergies marines renouvelables, ndlr.] nous ont dit que la cybersécurité, les risques de rupture de la fibre et l’absence de solutions redondantes sans fil et robustes étaient pour eux de vrais problèmes à résoudre», confie Thierry Lucidarme, directeur stratégie, performance et innovation chez b<>com. Une référence aux opérateurs de parcs éoliens offshore, dont les plus connus sont le suédois Vattenfall, l’allemand RWE AG et les français TotalEnergies et EDF renouvelables.
Précisément, les fibres optiques qui relient ces parcs à la terre ferme passent par le même câble qui amène le courant. «Si le fil est coupé ou cassé, que ce soit pour une raison malveillante ou par accident, lors du passage d’un bateau par exemple, on perd le contrôle du site et il faut faire une réparation d’urgence, décrit Thierry Lucidarme. On a donc un problème de continuité des opérations informatiques, ce qui demande à minima une redondance par voie sans fil.» Sauf que la distance qui sépare les parcs éoliens offshore des côtes ne permet pas d’utiliser les connexions sans fil classiques.
Récupérer les données de robots sous-marins
De quoi conforter l’institut dans son nouveau projet de système de connectivité, appelé RAN industriel et démarré dans le cadre de l’Alliance Eolien, lancée en juin sur le salon Seanergy. Le principe : une solution intégrée de bout en bout, qui soit sans fil, souveraine et permette l’échange d’informations chiffrées pour faire du traitement de données. A priori en s’appuyant sur un réseau 5G ou 6G, mais l’IRT ne s’interdit pas de creuser du côté des réseaux satellitaires. Sans trop en dire plus pour l’instant.
Il détaille en revanche l’architecture de la solution à l’échelle du parc. «Sur le champ éolien, on aurait un concentrateur, capable de collecter toutes les informations obtenues par les capteurs déployés sur le site, ainsi que les communications voix et data faites par les personnes venues pour la maintenance, décrit Thierry Lucidarme. Les capteurs déployés pourraient être fixes, mais aussi mobiles, comme des robots sous-marins inspectant le pied des éoliennes.» Avec derrière un réseau sécurisé permettant de faire atterrir ces informations – chiffrées – sur un point d’accès terrestre, «situé dans le pays souhaité» pour des raisons de souveraineté.
Le projet, qui devrait durer 2 à 3 ans, est susceptible d’intéresser tout secteur ayant des sites industriels distants et isolés, comme des barrages par exemple. L’IRT a lancé un appel pour trouver des partenaires sur ce projet. A commencer par les acteurs de l’éolien offshore.



