A Global Industrie, les industriels enfin convaincus de l’intérêt de la 5G

Comment déployer un réseau 5G privé et quel retour sur investissement en attendre ? La question était au programme du salon Global Industrie. Alcatel Submarine Networks (ASN) et la SNCF ont partagé leur retour d'expérience.

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Global Industrie à Lyon édition de 2023
Au salon Global Industrie, des industriels évoquent leurs cas d'usages 5G et le retour sur investissement d'un tel déploiement.

La 5G continue d’intriguer les industriels. Faut-il se lancer ? Comment ? Pour quels usages ? Quel retour sur investissement en attendre ? Autant de questions auxquelles le salon Global Industrie a tenté d’apporter des réponses à l’occasion de sa journée dédiée. Deux salles étaient réservées à des conférences et tables rondes sur le sujet attirant environ 60 participants.

Multiplication des cas d'usages

Chez Alcatel Submarine Networks (ASN), le déploiement de la 5G privée est décidé en 2020 avec un démarrage du projet en 2021 pour une installation presque achevée en 2022. L’entreprise française de fabrication et pose de câbles sous-marins se lance pour avoir «des fondations solides», comme l’explique son directeur des systèmes d’information Christophe Bejina, afin de «déployer sa stratégie long terme de transformation numérique touchant ses processus de fabrication et sa supply chain en France et en Angleterre». Une façon de s’assurer que l’infrastructure ne soit pas un frein à la mise en place d’innovations auxquelles les équipes n’ont pas encore pensé.

ASN a installé 65 antennes sur deux sites et en déploie 15 autres pour terminer de couvrir le campus de Greenwich près de Londres. Une vingtaine de cas d’usages en production ou en test sont menés. A Greenwich, cela concerne surtout l’utilisation de robots connectés bénéficiant des faibles délais de latence de la 5G. A Calais (Pas-de-Calais), ASN déploie plusieurs cas d'usage : des objets connectés pour contrôler les ressources critiques, un monitoring de la consommation énergétique ou encore une connectivité des portables et tablettes des employés pour certifier les produits. «Le problème n’est plus de trouver des cas d’usages, mais de gérer la demande», s’exclame Christophe Bejina.

L'investissement rentabilisé avec un seul cas d'usage

Mais le cas d'usage le plus important est sûrement le contrôle du remplissage des 130 cuves de stockage des câbles. «Lorsqu’elles sont pleines, toute la production s’arrête et les pertes se chiffrent aux alentours de 10 à 15 millions d’euros sur une journée», constate Christophe Bejina. Désormais des capteurs mesurent en temps réel leur taux de remplissage. Sans la 5G, il aurait fallu tirer des câbles pour les connecter car la Wi-Fi ne fonctionne pas dans les cuves métalliques. «Avec ce seul cas d'usage, l'investissement d'un million d'euros pour déployer le réseau 5G a été absorbé», ajoute-t-il.

A moyen terme, ASN ambitionne de faire converger toutes les communications vers ce réseau, qu’elles soient critiques, privées entre employés ou menées avec les talkie-walkies. Christophe Bejina évoque «un gain supplémentaire même pas envisagé au début du projet puisque des dépenses de l’ordre de 100 000 euros par an vont disparaître».

A la SNCF, un besoin de connectivité

La SNCF a aussi débuté le déploiement d’un réseau privé 5G en 2020. «Beaucoup d’investissements ont été faits à la SNCF pour numériser les processus que ce soit l’ordonnancement des tâches, le suivi de la production, la gestion des stocks… Mais cela a été fait sans penser à la connectivité», se remémore Matthieu Renault, le responsable de la 5G industrielle à la SNCF. Pour booster la connectivité, la 5G est préférée au Wi-Fi car plus rentable «dès 8 sites déployés», précise le responsable.

Les technicentres, composés d’espaces extérieurs pouvant atteindre 20 hectares, sont les premiers sites connectés pour «réduire les pertes liées à un manque de connectivité», explique Matthieu Renault. Le gain financier est réel. En cas de coupure du réseau, la remise en service du train peut être retardée et l’impact se chiffre à «des centaines de milliers d’euros», selon Hacene Lahreche, directeur connectivité pour la transition numérique à la SNCF. D’autres applications comme le contrôle du niveau de serrage des pièces ou la vérification de la fermeture de l’ensemble des trappes avant la remise en service, sont en cours de déploiement. Comme chez ASN, il faut désormais prioriser les cas d’usages.

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