Ynsect, Mob-Ion, Angell... L’actualité récente ne cesse de rappeler que le développement des start-up industrielles est un chemin semé d’embuches. Pour les aider à réussir, le collectif start-up industrielles (CSI) annonce la création de dix accélérateurs territoriaux, dont le premier est officiellement lancé à l'occasion du salon Global Industrie, qui se tient du 11 au 14 mars à Lyon. Un premier projet mené avec le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) Mont-Blanc, qui regroupe quatre communautés de communes de Haute-Savoie.
«SCoT Mont-Blanc a beaucoupinvesti dans l’innovation et il veut aujourd’hui la pérenniser, rapporte Alphadio Olory-Togbe, le président de CSI. Or il fait le même constat que nous. Quand on observe les échecs de transformation d’une entreprise innovante en entreprise industrielle pérenne, deux problématiques ressortent : la commercialisation du produit et les compétences en manufacturing pour réussir le passage à l’échelle. Et c’est précisément c’est deux aspects que nos accélérateurs ont vocation à adresser.»
50 heures de mentorat sur six mois
Alphadio Olory-Togbe développe : «Savoir comment je vais vendre mon produit est très différent d’une étude de marché, or très peu de start-up industrielles ont un vrai plan de commercialisation, pointe-t-il. C’est problématique, car vendre est aussi long et compliqué que concevoir. On ne peut pas entamer ce chantier une fois que son produit est prêt à arriver sur le marché.» Il faut donc mettre des forces commerciales bien plus tôt dans les start-up industrielles, selon lui.
Même chose côté industrialisation. «Les ingénieurs de fabrication arrivent plusieurs années après les autres, regrette le président du CSI. Or le mode de fabrication doit être partie intégrante de la conception du produit.» Tout en reconnaissant que trouver les talents n’est pas aisé. «On manque de mécaniciens, roboticiens, d’ingénieurs spécialisés en fabrication… On a développé une grande force d’innovation en France, maintenant on cherche celles de l’industrialisation.»
Pour aider les patrons de start-up industrielles à mieux appréhender ces deux problématiques, les accélérateurs territoriaux donneront accès à 50 heures de mentorat, séquencées sur six mois. Chacun, coconstruit avec les acteurs locaux pour intégrer les spécificités du territoire, pourra accompagner 15 entreprises par session. Avec l’ambition de compléter les autres dispositifs existants (comme les incubateurs ou l’accélérateur de Bpifrance dédié, Neo), mais pas de s’y substituer.
Manpower et Euronext déjà partenaires, Airbus en discussion
Côté privé, le CSI compte pour l’instant deux partenaires, Manpower et Euronext, qui s’occupent déjà de fournir des ressources aux entreprises manufacturières. Le collectif espère aussi attirer des groupes industriels. «Leur rôle sera moins d’apporter de la compétence que d’accompagner les filières à se structurer. On en discute par exemple avec Airbus, pour l'amener à être moteur dans le territoire toulousain», détaille Alphadio Olory-Togbe, qui évoque des discussions avancées avec l’avionneur.
Côté start-up, c'est aux représentants des territoires d’identifier les entreprises innovantes le plus susceptibles d’être lauréates des accélérateurs. Le prix d’un tel accompagnement pour elles : 3840 euros, alors que le CSI chiffre à 13 333 euros le coût réel par entreprise pour six mois d’accompagnement. Chaque accélérateur devrait donc mobiliser 200 000 euros par programme... financés à 74% par les partenaires publics et privés. Après la Haute-Savoie, les neuf autres accélérateurs devraient être dévoilés courant 2025.



