L'étude réalisée par Harris Interactive pour l'agence Epoka (1) révèle l'ampleur du trouble ressenti par les jeunes diplômés avec le Covid-19, le confinement et les incertitudes économiques. Portant sur les attentes des jeunes diplômés et menée auprès d'un échantillon de 14 000 répondants, elle révèle une baisse de l'optimisme, y compris chez les jeunes ingénieurs, dont le taux d'insertion sur le marché du travail est historiquement parmi les plus élevés.
Inquiétudes sur l'avenir
Ainsi, ils ne sont que 79 % des étudiants d'écoles d'ingénieurs de catégorie A à estimer qu'il leur sera facile (les réponses proposées sont "très facile" ou "assez facile") d'arriver sur le marché de l'emploi. C'est une chute de 19 points par rapport à 2019. Le taux est de 61 % pour les écoles de catégorie B (en recul de 31 points), de 54 % pour la catégorie C (-38 points) et de seulement 44 % pour la catégorie D (en baisse de 39 points !). Ce résultat est d'autant plus fort que 83 % des jeunes ingénieurs considèrent que leurs études les ont bien préparé à leur futur métier. Les inquiétudes sur l'insertion professionnelle trouvent assurément leurs origines dans la détérioration de la conjoncture économique.
Mais ils possèdent des ressources. Quand on leur demande quels sont leurs principaux atouts pour faire face, les jeunes ingénieurs citent d'abord à 60 % leur capacité d'adaptation (citée aussi par les diplômés de grandes écoles de management ou d'université), la côte de leur diplôme (59%) et la polyvalence (46 %). Quand on les interroge sur ce qui les motive à travailler beaucoup, on retrouve les résultats habituels de ce genre d'études, soit "travailler sur des sujets et des projets intéressants" cité par 82 % des jeunes ingénieurs, suivi par "être bien payé" (75%) et "apprendre et monter en compétence" (61%). Seul un tiers indique que la perspective d'un poste de manager les motiverait fortement.
L'industrie mal aimée
Mauvaise nouvelle pour les industriels, leur milieu est loin d'attirer les jeunes ingénieurs qui ne sont que 28 % à le citer, en recul de 5 points. Le podium de tête est occupé par les nouvelles technologies (citées par 45 %), le secteur de l'énergie et des utilities (43 %), la construction BTP (32%). Les industriels pourront se consoler en observant que le secteur du conseil obtient seulement 27 % des suffrages et celui du transport et de la logistique (26%).
Nul ne s'en étonnera mais les jeunes ingénieurs veulent d'abord travailler dans la R&D et l'innovation. Ils sont 64 % à répondre que cette fonction les attire, suivie par la stratégie (43%) et la production (39%). A noter : si 28 % citent l'informatique, les métiers du digital ne sont retenus que par 21 % des jeunes ingénieurs interrogés.
Acteurs de la mondialisation d'abord
Les ingénieurs souhaitent être d'abord des acteurs de la mondialisation. Ce qui les attire le plus, ce sont les entreprises de taille mondiale, qu'elles soient de nationalité française (58%) ou d'origine étrangère (47 %). A l'inverse, pour environ un quart des répondants, "small is beautiful". Ces derniers ciblent en effet plutôt une PME (28 %) ou une start-up (24%). Un jeune ingénieur sur 10 (11%) indiquent vouloir travailler à son compte.
Dans le top 5 des entreprises préférées, on trouve Airbus Group (44%), EDF (38 %), Dassault Aviation (37%), Dassault Systèmes (36%) et Apple (36%).
(1) Etude réalisée en ligne entre avril et juin 2020 auprès de 14 000 répondants



