Chronique

[Matière à penser] Le cours du cuivre redescend sur fond de crainte d'un ralentissement économique

Les cours du cuivre ont perdu près de 25% depuis le début du mois de mars. Les craintes d'un ralentissement économique brutal affectent tous les métaux industriels, tout comme le pétrole.

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Cuivre
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Une belle dégringolade. Les prix du cuivre sont retombés autour de 7 500 dollars la tonne sur le London metal exchange (LME), la Bourse londonienne des métaux. Par rapport aux 10 700 dollars atteints début mars, dans les premiers jours de la guerre en Ukraine, la chute est vertigineuse pour le métal rouge. En quatre mois, il a perdu près de 25% de sa valeur, pour revenir au niveau de novembre 2020. Le cuivre est le métal par excellence de la transition énergétique, prisé pour sa très bonne conductivité de l’électricité.

D’ici à 2035, la part du cuivre utilisé pour l’électrification devrait représenter 18% de la demande mondiale, selon le cabinet CRU. Actuellement, celle-ci représente 6% seulement. Les besoins en câbles électriques vont croissant avec le développement des parcs solaires et éoliens offshore augmente la demande en câble électriques. Les véhicules électriques embarquent près quatre fois plus de cuivre que leurs concurrentes thermiques.

Le cuivre, baromètre de l'état de l'économie mondiale

Mais dans l’immédiat, le cuivre est surtout l’un des meilleurs baromètres de l’état de santé de l’économie mondiale, ce qui lui vaut son surnom de « Docteur copper ». Il est utilisé dans presque tous les secteurs industriels. Or, les signaux d’un ralentissement mondial s’accumulent et ont rendu les marchés soudainement attentistes. « Le marché semble être entièrement focalisé sur les risques de ralentissement et son impact sur les métaux », pointe ING dans une note. L'OCDE a révisé fortement à la baisse ses prévisions de croissance à 3% au niveau mondial, sur fond d'inflation soutenue. En Chine, le retour du Covid et des restrictions a fait chuter la production industrielle, alimentant un recul des prix. Surtout, les craintes de récession rattrapent les Etats-Unis. La Fed a enclenché le resserrement monétaire qui pourrait mettre un sérieux coup de frein à l’activité de la première économie mondiale.

Le cuivre n’est pas le seul à sentir ce coup de frein brutal. Depuis mars, les cours de l’étain, du zinc et de l’aluminium ont encore plus reculé que celui du cuivre. Même le pétrole a nettement reculé pour avoisiner 100 dollars le baril. Pour les industriels, le repli des cours devrait offrir une accalmie dans l’inflation des matières premières qu’ils subissent. Mais elle pourrait être provisoire. « Une fois la poussière retombée, le cuivre devrait susciter une nouvelle demande », pointent les économistes de Saxo Bank. A plus long terme, le nombre de nouvelles mines en projet n’est pas suffisant pour suivre la demande mondiale. « Le marché reste tendu, avec des niveaux de stocks faibles et un risque toujours de pénurie si des tensions sociales se dégradent à Pérou et au Chili » selon l’agence Fitch.

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