C'est une transition historique dans le secteur des télécommunications. Dès le 31 janvier, Orange va débrancher 162 communes de l'ADSL, basé sur un réseau en cuivre. C'est un tournant majeur. Orange, qui a déployé le réseau cuivre pendant des décennies, commence à le démanteler, une opération qui s'étalera jusqu'en 2030.
Ce vendredi est donc lancé le lot 1. 829 autres communes suivront pour le lot 2, en 2025, et ainsi de suite… Pour les particuliers et les entreprises encore connectés au réseau cuivre – soit environ 6 millions d’abonnés – il faudra basculer vers la fibre ou d'autres solutions, comme la 4G fixe. Orange assure que personne ne sera laissé de côté, mais les zones mal desservies restent un point de vigilance.
Un réseau obsolète et énergivore
Le réseau en cuivre, utilisé pour le téléphone fixe et l'ADSL, est devenu obsolète. La fibre optique, avec ses performances nettement supérieures, couvre désormais 90% des foyers français. C’est d’autant plus important au moment où l'intelligence artificielle se développe à vitesse grand V. Maintenir ces deux infrastructures en parallèle n'a plus de sens ni sur le plan économique, ni sur le plan environnemental.
La fibre consomme en effet trois fois moins d'énergie que l'ADSL. Cette transition permettra donc de réduire la facture écologique des télécoms, un enjeu crucial pour atteindre les objectifs climatiques. Avec la fin du réseau cuivre, ce n’est donc pas seulement une technologie qu’Orange enterre, mais aussi un modèle industriel.
Un gisement colossal à valoriser
Ce projet va bien au-delà d'une simple transition technologique. Orange s'engage dans un chantier colossal : récupérer et recycler les câbles en cuivre, le fameux "or rouge". Avec un million de kilomètres de câbles à retirer, cela représente des centaines de milliers de tonnes de cuivre à valoriser. Ce métal, très convoité pour ses usages industriels, pourrait rapporter à Orange plusieurs milliards d'euros.
Mais ce pactole ne va pas tomber du ciel. Il y a déjà une question de logistique. Démonter des infrastructures enfouies ou suspendues depuis plus de 50 ans nécessite une organisation massive. Ensuite, il y a le recyclage : la filière française doit multiplier ses capacités pour traiter ces volumes. Une partie du cuivre devra être transformée dans des fonderies étrangères, notamment en Belgique ou en Espagne, car les capacités manquent en France.
Enfin, ce démantèlement a un coût, estimé à plusieurs centaines de millions d'euros. Orange compte sur la revente du cuivre pour financer une partie de l'opération. On espère qu’ils trouveront des acheteurs au bout du fil.



