Le leader mondial du transport maritime, Maersk, a jeté son dévolu sur l’Espagne pour amorcer sa transition énergétique. D’ici 2030, deux sites, l’un en Andalousie, l’autre en Galice, produiront du méthanol vert à très grande échelle. Il alimentera 10% de la flotte de bateaux de l’armateur danois. A condition toutefois que ce "protocole de collaboration" signé avec le gouvernement espagnol aboutisse.
Maersk, qui possède 730 cargos dans le monde et emploie 100 000 personnes, prévoit un investissement de 10 milliards d’euros pour développer ce carburant vert, produit à partir d’énergies renouvelables. Les deux sites espagnols viendraient s’ajouter à une unité de production en Egypte. Le projet devrait compter sur des fonds européens et Madrid envisage d’y investir de l’argent public.
Un potentiel de dizaines de milliers de créations d'emploi
Le protocole de collaboration portant sur l'étude de faisabilité du projet a été signé entre Pedro Sanchez, le chef de l’exécutif espagnol et Søren Skou, directeur général de Maersk. Il prévoit la production de 2 millions de tonnes de méthanol vert par an à l'horizon 2030, si toutes les conditions sont réunies. Soit un tiers des besoins de l'armateur pour atteindre l'objectif d'émissions de sa flotte en 2030. Il en faudra beaucoup plus pour que sa flotte atteigne un niveau net zéro d'ici 2040.
«L’Espagne veut prendre la tête de la décarbonation du transport maritime et devenir l’un des corridors verts les plus importants du trafic maritime mondial», a déclaré sur Twitter le leader socialiste Pedro Sanchez. Selon le communiqué diffusé après la signature de l’accord, ces deux immenses sites devraient permettre la création de 85 000 emplois directs et indirects, dont une partie liée à la construction des infrastructures.

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20 à 80 parcs éoliens à construire
Pour produire du méthanol vert, neutre en carbone, deux ingrédients sont nécessaires : l’hydrogène vert – un gaz produit par électrolyse de l’eau à l’aide d’électricité d’origine renouvelable, et du CO2 biogénique, le carbone contenu dans la biomasse d’origine agricole ou forestière. Dans ces deux domaines, Madrid a une longueur d’avance sur ses voisins européens : selon un récent rapport de la banque Goldmann Sachs, l’Espagne est le pays le plus compétitif pour la production d’hydrogène vert car elle a du soleil et du vent. Aujourd’hui 47% de la production d’électricité en Espagne est assurée par les énergies renouvelables. Pour alimenter en électricité les deux sites de production de méthanol vert, Maersk devra construire entre 20 et 80 parcs éoliens et photovoltaïques en Espagne.
Même si le projet est ambitieux, Maersk et le gouvernement espagnol sont conscients des incertitudes technologiques qui entourent le développement de l’hydrogène vert. Il est encore difficile de savoir si c’est ce type d’énergie qui sera en mesure de remplacer définitivement le diesel. L’ammoniac liquide est une autre option envisagée. Madrid et l’armateur danois ont laissé entendre que selon l’évolution du marché, les deux infrastructures pourraient s’adapter à cet autre carburant vert.
Le transport maritime émet chaque année plus d’un milliard de tonnes de CO2, soit 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon l’organisation maritime internationale qui a fixé comme objectif de réduire ces émissions de 50% d’ici à 2050.
A Barcelone, Henry de Laguérie



