Maersk prend la route du biométhanol pour propulser ses conteneurs à moindre coût carbone

L'armateur danois A.P. Moller - Maersk, numéro un mondial des opérateurs de porte-conteneurs et concurrent du français CMA CGM, annonce qu’il vient de commander huit navires capables de fonctionner au méthanol neutre en carbone.

Réservé aux abonnés
Maersk
Maersk fait le pari du bio-méthanol pour verdir sa flotte.

L’armateur danois A.P. Moller - Maersk, premier opérateur mondial de fret maritime, a choisi le bio-méthanol pour propulser ses futurs porte-conteneurs. Ces énormes navires qui sillonnent les mers du monde sont devenus le symbole d’une mondialisation aussi peu sobre en carburant qu'en émissions de CO2 (90 millions de tonnes de CO2 en Europe). Pour changer sa mauvaise image et se préparer aux règles de plus en plus drastiques sur la voie de la neutralité carbone, il a commandé huit porte-conteneurs qui seront construits par le coréen Hyundai Heavy Industries (HHI) et auront une capacité de 16 000 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds). Dans son communiqué, l’entreprise annonce qu’une option pour quatre navires supplémentaires est inscrite dans l’accord avec le chantier naval coréen. Maersk prévoit de faire voguer un premier porte-conteneur utilisant ce carburant au premier trimestre 2024.

Son concurrent français, l'armateur CMA-CGM, aura en 2022 une flotte de 32 porte-conteneurs utilisant le GNL comme carburant et travaille sur le biométhane.

 L’Organisation maritime internationale (OMI) s’est fixé comme objectif la réduction de 50% des émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050 par rapport au niveau de 2008 et une baisse des émissions de CO2 par conteneur transporté d’au moins 40% d’ici à 2030, et de 70% d’ici à 2050.

Economiser 1 million de tonnes de CO2

Chez Maersk, cette série de porte-conteneurs au biométhanol remplacera des bateaux anciens. Elle doit permettre d’économiser 1 million de tonnes de CO2. Mais les capacités en bio-méthanol ne seront sans doute pas suffisantes dès 2024. Ces navires seront donc conçus avec des moteurs à double carburant. Ils pourront également fonctionner avec des carburants classiques, principalement du fioul à basse teneur en soufre.

A.P. Moller - Maersk a choisi REintegrate, une filiale de la société danoise d'énergie renouvelable European Energy pour produire ce carburant vert. Elle construira une usine capable de produire environ 10 000 tonnes de bio-méthanol, correspondant à la consommation du premier navire durant une année. L'énergie nécessaire à la production de méthanol sera fournie par une ferme solaire à Kasso, dans le sud du Danemark.

"Relever le défi climatique" sous la pression des clients

"Il est temps d'agir si nous voulons relever le défi climatique du transport maritime, reconnaît Soren Skou, PDG d’ A.P. Moller - Maersk, cité dans le communiqué du groupe. Cette commande prouve que des solutions neutres en carbone sont disponibles aujourd'hui dans tous les segments des porte-conteneurs et que Maersk s'engage auprès du nombre croissant de nos clients qui cherchent à décarboner leurs chaînes d'approvisionnement. De plus, il s'agit d'un signal ferme pour les producteurs de carburant qu'une demande considérable du marché pour les carburants verts du futur émerge à grande vitesse."

Maersk indique que plus de la moitié de ses 200 plus gros clients sont en train de fixer (certains l’ont déjà fait) des objectifs de zéro carbone émis sur leurs chaînes d'approvisionnement. Et de citer Amazon, Disney, H&M, HP, Levi Strauss & Co., Microsoft, Novo Nordisk, Procter & Gamble, Puma, Schneider Electric, Signify, Syngenta et Unilever, qui se sont engagés à mettre en place des solutions zéro carbone pour leur transport maritime. Pour cela, il faudra faire plus d’efforts, car ces huit navires correspondent à environ 3% de la capacité totale de sa flotte.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.