C’est une maquette qui va faire parler d’elle malgré ses petits 2,5 mètres de long. Lors du salon du Bourget (du 16 au 22 juin), la start-up américaine Radia présentera officiellement la première reproduction à l’échelle 1/42 du WindRunner, son projet d’avion-cargo. Si le concept voit le jour, il s'agirait du plus grand du monde avec ses 108 mètres de long et une soute de 7700 mètres cubes (quasiment trois piscines olympiques).
Capable d'embarquer 80 tonnes de charge (loin derrière les 150 tonnes de l’An-225), l’appareil vise le marché du fret hors gabarit, ces objets atypiques difficiles à livrer par la route, comme les pales d’éoliennes géantes. Pour y arriver, le WindRunner est conçu pour atterrir sur des pistes non revêtues de 1800 mètres.
Un accord avec l'administration américaine
D’autres secteurs d’activité pourraient s'intéresser à l'avion, à l’heure où la flotte mondiale d’avions cargo lourds se raréfie. «Le WindRunner […] a été conçu pour répondre à tous les besoins de transport de fret de grande taille à l’échelle mondiale, dans les secteurs de l’énergie éolienne, de la défense, du transport commercial et de l’industrie spatiale», indique l’entreprise jointe par L’Usine Nouvelle. En mai, Radia a justement passé un accord de recherche et de développement avec le département américain de la Défense. Le but est d’évaluer la faisabilité du projet, mais aussi l’efficacité de l’avion pour transporter des équipements spatiaux ou de l’aide humanitaire. Si aucun prix n’est annoncé pour l’instant, l’entreprise revendique «de nombreuses lettres d’intention» et «un très fort intérêt de la part de clients majeurs dans le monde entier [...] tant civils que militaires».
Mais où en est le développement de l’avion ? Radia indique avoir achevé la phase de développement du concept et les essais en soufflerie. «Nous sommes prêts à entamer la conception détaillée et l’intégration de tous les systèmes avec nos fournisseurs», complète la start-up qui vient de passer des partenariats avec l’espagnol Aciturri Aeronautica pour l’empennage de l’avion, le brésilien Akaer Engenharia pour la cabine pressurisée et les systèmes critiques, Astronautics Corporation of America pour l’avionique, l’américain Ingenium Technologies pour les commandes hypersustentatrices et le britannique Element Digital Engineering pour le système de carburant. Côté motorisation, «un moteur existant déjà certifié» dont le constructeur reste confidentiel a été choisi par l’entreprise qui prévoit des «modifications mineures» pour l’adapter.
Pour obtenir la certification, Radia précise collaborer depuis plusieurs années avec la Federal Aviation Administration (FAA). Malgré ses dimensions hors du commun, l’avion doit suivre un processus de certification classique. Si le programme est épargné par les retards, le WindRunner devrait prendre son envol avant 2030.



