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Le Bourget 2025 : que faut-il attendre de la 55e édition du salon aéronautique ?

Sur fond d’économie de guerre, de décarbonation des avions civils et de révolution dans le spatial, la 55e édition du salon aéronautique du Bourget, du 16 au 22 juin 2025, pointe à l’horizon. De quoi attirer en masse les professionnels et le grand public. Infos pratiques, acteurs à ne pas rater, principaux enjeux, programme… Un mois avant l’échéance, voici de quoi préparer votre venue.

Salon du Bourget 2023
Cette année encore, le salon aéronautique promet d'attirer les foules, aussi bien les professionnels que le grand public. In-con-tour-nable!

Si nombre de salons internationaux ont perdu de leur superbe, en particulier dans le monde automobile, il en est un qui reste indiscutablement au centre du jeu : le salon de l’aéronautique et de l’espace Paris-Le Bourget. Alors que se profile sa 55e édition, du 16 au 22 juin 2025, cet événement promet de rassembler, cette année encore, quelque 300000 visiteurs, entre les professionnels venus faire des affaires et le grand public, qui ne boude pas son plaisir lors des innombrables démonstrations en vol ponctuant les déambulations sur le tarmac. D’autant que le secteur se situe aujourd’hui à un moment charnière, dans la défense, le civil et le spatial.

Comme à chaque édition de ce salon, organisé tous les deux ans, les quatre premiers jours sont réservés aux professionnels. Sont ensuite accueillis, du vendredi au dimanche, les scolaires et le grand public. Un conseil pour tous ? S’équiper de bonnes chaussures et penser à s’hydrater. Une visite au Bourget tient du marathon : le salon s’étend sur 70 hectares, répartis entre des halls d’exposition, un tarmac, où se montrent quelque 150 aéronefs sur le "statique", et des chalets d’affaires, attenants à la piste de l’aéroport, d’où sont assurées les démonstrations en vol. En 2023, le salon avait accueilli 2500 exposants et 300 start-up. Cette année encore le Paris Air Lab vaudra le détour : c'est l'espace où s’exposent les projets ultra innovants, tout comme le Paris Space Hub, un espace inédit dédié au secteur spatial.

La défense au centre du jeu

Si les organisateurs du salon du Bourget ont prévu de fournir tous les détails de cette nouvelle édition le 5 juin prochain, nul doute que l’événement marquera l’année industrielle. D’abord parce qu’il doit servir à confirmer pour les acteurs de l’aéronautique l’engouement populaire qui avait caractérisé la précédente édition (première post-Covid après l'annulation de 2021). Si le secteur n’échappe pas à la critique sur son empreinte environnementale - il représente environ 2,5% des émissions mondiales de CO2 d'après l'Agence internationale de l'énergie - force est de constater que le grand public était venu en aussi grand nombre en 2023 qu’en 2019. Cette année, l’affluence aura de nouveau valeur de test quant à l’attractivité d’un secteur qui recrute à tour de bras (25000 embauches en 2025). Un "Avion des métiers" présentera de nouveau les besoins du secteur en matière de ressources humaines.

Surtout, cette nouvelle édition s’inscrit dans un contexte géopolitique particulier, sur fond de conflit en Ukraine, d’économie de guerre et de sursaut européen en matière de souveraineté du secteur de la défense. Les principaux poids lourds de l’armement seront en effet présents : Airbus Defence and Space, le britannique BAE Systems, le groupe franco-allemand KNDS, l’italien Leonardo, les français Dassault Aviation, Safran, Thales… Des nouveaux venus seront aussi de la partie, telle que la société de fabrication de drones franco-allemande Helsing ou bien encore le nouvel acteur américain qui monte, Anduril, qui souhaite bouleverser l’aviation de combat avec en mettant l’intelligence artificielle aux commandes.

Le spatial en pleine recomposition

Nul doute que l’événement sera l’occasion de faire le point sur les grands programmes aéronautiques militaires en cours menés en coopération à l’échelle européenne. En premier lieu le système de combat aérien du futur (SCAF), successeur du Rafale qui doit entrer en service vers 2040. Lors de l’édition précédente, Dassault Aviation, chef de file des industriels du programme avec Airbus, avait présenté une impressionnante maquette de l'appareil de combat à l’échelle 1. Avec une interrogation en suspens : les Etats participants – la France, l’Allemagne et l’Espagne – annonceront-ils des contrats pour enclencher l’étape de construction d’un démonstrateur ? C’est ce qu’attendent les industriels concernés.

Le tumultueux secteur spatial, marqué par le dynamisme des acteurs du new space qui chamboulent depuis plusieurs années les modèles économiques des acteurs établis, ne devra pas être oublié. Le salon pourrait être l’occasion pour les acteurs européens de faire un point de leurs discussions, entamées depuis plusieurs mois, en vue d’un rapprochement de leurs activités de satellites de télécommunications qui connaissent de sérieuses difficultés. Airbus, Thales et Leonardo vont-ils sortir du bois et annoncer un possible rapprochement dans ce domaine ? ArianeGoup, qui sera également présent, pourrait pour sa part communiquer sur le calendrier des tirs du second semestre d’Ariane 6.

L'immanquable bataille des commandes

Enfin, côté civil, le salon sera sans le moindre doute marqué par l’éternel bras de fer commercial entre Airbus et Boeing. La guerre des commandes fera rage, l’événement restant un moment hautement symbolique de cette rivalité. En 2023, l’avionneur européen avait plié le match, avec plus de 800 commandes et options d’achats, contre moins de 300 pour son concurrent américain. Les deux premiers jours de cette nouvelle édition seront ponctués par les annonces des deux grands géants. Et comme à chaque édition, le nom de celui qui raflera la mise est déjà connu : CFM International, la société commune entre le français Safran et l’américain GE Aerospace, qui fournit le moteur Leap, équipant tous les 737 MAX et 60% des Airbus A320neo.

Outre les deux géants, seront aussi présents des challengers, comme le chinois Comac – même si le C919 ne sera pas présent – , le brésilien Embraer et le canadien Bombardier. Au-delà des commandes, il faut s’attendre à des annonces liées à la décarbonation des aéronefs (démonstrateurs, partenariats…), un enjeu qui a vraiment pris de l’ampleur depuis l’édition 2019 du Bourget. Et qui n’est pas l’apanage des seuls grands industriels, loin s’en faut. Dans les halls d’exposition comme sur le «statique», les petits aéronefs bas carbone seront légion. En 2023, ces acteurs – VoltAero, Beyond Aero, Ascendance, Aura Aero… – avaient retenu l’attention. Ils ne manqueront pas de faire connaître l’état d’avancement de leurs projets. Les start-up des e-VTOLS (aussi appelés taxis volants) seront aussi de la fête, comme le chinois Ehang.

Olivier James, avec Hassan Meddah

La bande-annonce de l'édition 2025 : 

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