Des routes ? Dans le futur, Radia n'aura pas besoin de routes pour transporter des pales d’éolienne ! La start-up américaine Radia estime qu’elle devrait pouvoir construire le plus grand avion-cargo du monde d'ici à quatre ans. L’aéronef atteindrait une taille de 108 mètres afin de pouvoir transporter une pale d’éolienne de la longueur d’un stade de football pour 80 tonnes. Ces pièces sont trop encombrantes sur terre pour prendre la plupart des virages et passer sous les ponts. Il suffirait donc, selon l'entreprise, d’un gigantesque avion pour contourner le problème.
Baptisé Windrunner, l’engin doit surfer sur la tendance au gigantisme des éoliennes. Des pales plus grandes permettent aux exploitants de parcs éoliens de récolter plus de vent, tandis que des mats plus hauts permettent d’atteindre des vents plus réguliers. Cela permet en somme d’augmenter le facteur de charge des éoliennes – c’est-à-dire, de produire plus d'électricité pendant plus d'heures de la journée, même dans les régions où la vitesse moyenne du vent est plus faible.
Une piste d'atterrissage à prévoir sur les parcs éoliens
Néanmoins, à un grand avion incombe de grandes infrastructures. Les développeurs de parcs éoliens devront prévoir dans leur budget rien de moins que la construction d’une piste d’atterrissage afin de réceptionner les pales. La piste devra mesurer environ 2 kilomètres sur terre battue.
L'ajout de cette piste semble, en outre, frôler l'utopie pour les chantiers éoliens européens. Un premier client de Radia se serait déjà lancé pour un chantier de 1 gigawatt : celui-ci se situe dans l'État du Nevada. Cet État désertique compte 11 habitants par kilomètre carré, soit 15 fois moins que les Hauts-de-France – la première région française en nombre d'éoliennes installées. Difficile de convaincre des habitants de faire construire une piste d'atterrissage.
417 allers-retours de l'avion pour un parc de 1,5 GW
Le service devrait également saler l'empreinte carbone des projets éoliens. L'avion ne peut transporter qu'une grande pale à la fois. Pour approvisionner un parc équivalent au parc éolien en mer Hollandse Kust Zuid de 1,5 gigawatt, il faudrait ainsi compter 417 aller-retours de l'avion.
L’aéronef est, en outre, incapable de transporter les plus grandes éoliennes en cours de développement dans le monde, à l’instar des pales de 140 mètres développées par l’entreprise chinoise Mingyang Smart Energy. Celles-ci dépasseraient la capacité de Windrunner de la bagatelle... de 35 mètres de long.
Le projet se veut néanmoins très sérieux. Parmi les employés et les conseillers, on trouve des cadres de Boeing, de l'Administration fédérale de l'aviation (FAA), des services publics et des développeurs d'énergie renouvelable, rapporte le Wall Street Journal.




