Un grand groupe comme Korian, gestionnaire de maisons de retraite, peut aller jusqu’à proposer un emploi dans une autre ville à une salariée victime de violences conjugales.
D’autres entreprises modifient son numéro de téléphone professionnel pour faire cesser un harcèlement, lui proposent une place de parking plus près de la sortie au cas où le conjoint violent l’attende. "Un employeur peut aussi proposer un lieu, au sein de l’entreprise, pour que ces femmes, souvent surveillées par leur conjoint, puissent rencontrer des associations", ajoute Céline Bonnaire, la déléguée générale de la Fondation Kering.
Formation dédiée chez L'Oréal
Engagée depuis 2008 dans les violences faites aux femmes, cette fondation a lancé en 2018, avec la Fondation Agir contre l’exclusion (Face), le réseau d’entreprises One in Three Women, dans lequel Kering, L’Oréal, Korian, Carrefour, SNCF, BNP Paribas et OuiCare se sont engagés contre les violences faites aux femmes. En général, mais aussi au sein de leurs entreprises. Selon une de leurs études, 55 % des victimes de violences conjugales affirment qu’elles ont des conséquences sur leur travail (retards, absentéisme, baisse de productivité).
En interne, L’Oréal communique sur les services d’urgence (le 3919 Violence Femmes Info notamment), a formé sa dizaine d’assistantes sociales et ses managers à cette problématique, diffuse un podcast pour apprendre aux collègues à repérer les signaux d’alerte. Chez Kering, la formation de trois heures, d’abord réservée aux RH, partenaires sociaux et médecins du travail, a été étendue à l’ensemble des collaborateurs. Lors du premier confinement, les signalements de violences conjugales à la police ont augmenté de 36 % selon le gouvernement. L’Oréal et Kering étaient prêts à communiquer.



