Loin d'être sauvé, Valdunes n'a reçu qu'une seule offre partielle de reprise... et sous conditions

Europlasma, spécialiste du traitement des déchets, est le seul repreneur potentiel de la forge de Valdunes, à Leffrinckoucke (Nord), selon la CGT. Aucun repreneur n'est intéressé par les deux sites, mais le délai de dépôt de dossier devrait être prolongé jusqu'au 24 janvier. L'offre d'Europlasma comporte toutefois plusieurs conditions suspensives, dont la reprise de l'autre site, à Trith Saint-Léger (Nord), par une autre entreprise.

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Valdunes, sous-traitant ferroviaire
Europlasma, potentiel repreneur de la forge de Valdunes, pourrait potentiellement y produire des corps creux pour obus, qu'il produit actuellement aux Forges de Tarbes (Hautes-Pyrénées).

Toujours pas de repreneur pour les deux sites de Valdunes. Le fabricant de roues et d’essieux de train, lâché en mai 2023 par son actionnaire, le chinois MA Steel, cherche depuis un repreneur industriel pour ses deux sites, la forge située à Leffrinckoucke (Nord) et l’usine de Trith Saint-Léger (Nord). Placée en redressement judiciaire le 20 novembre, l’entreprise, qui compte quelque 300 salariés, pouvait faire l’objet d’offres de reprise jusqu’au 10 janvier. Ce délai devrait être prolongé jusqu’au 24 janvier, selon Maxime Savaux, délégué syndical CGT de Valdunes, car «la trésorerie tient».

Un seul repreneur pour l’instant

Selon Maxime Savaux, seul un repreneur s’est présenté : Europlasma, spécialiste de la dépollution et du traitement des déchets, qui ne reprendrait que le site de Leffrinckoucke, proche de Dunkerque. «Ils reprendraient 83 salariés de Leffrinckoucke et 18 salariés de Trith Saint-Léger» a déclaré Maxime Savaux à L’Usine Nouvelle. Toutefois, selon le syndicaliste, l’offre de reprise comporte plusieurs mesures suspensives : Europlasma pourrait donc renoncer à son offre s’il n’y a pas de repreneur pour le site de Trith Saint-Léger ou s’il n’y a pas «d’investissements publics conséquents», entre autres.

Un espoir demeure ainsi pour la CGT Valdunes, qui souhaite trouver un repreneur pour les deux sites, ayant même proposé la création d’un consortium avec la SNCF et Alstom, chiffres à l’appui.

La CGT a par ailleurs publié une tribune le 9 janvier, où le syndicat indique que «le rapport d’expertise commandité par le ministère (de l’industrie, ndlr) sur les perspectives d’activité de l’entreprise démontre sa viabilité et sa capacité à dégager des marges, à la condition que des investissements conséquents soient réalisés et que l’entreprise soit reprise par un acteur sérieux inscrivant son action dans la durée». La tribune a été signée par plusieurs responsables politiques, dont Fabien Roussel, député PCF du Nord, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et François Ruffin, député LFI de la Somme.

«Passer de 15 millions de perte à zéro est titanesque»

Une politisation du dossier qui nuirait à Valdunes, selon Jean-Paul Meynard, associé chez Navigator Group. La holding allemande était initialement intéressée par la reprise des deux sites de Valdunes, mais s’est rétractée par la suite, comme l’avait révélé la Voix du Nord. «Les politiques en font un peu trop, les investisseurs n’aiment pas le bruit» avait-t-il expliqué en fin novembre à L’Usine Nouvelle.

Pour le spécialiste en redressement d’entreprises industrielles, «le facteur risque est excessivement élevé sur ce dossier». En cause, un investissement initial colossal et des pertes importantes. «Bercy demande aux investisseurs d’amener 40 millions d’euros sur la table, sachant qu’ils perdront 15 millions par an, indique Jean-Paul Meynard. Passer de 15 millions de perte à zéro est titanesque.» Le projet de Navigator Group, qui visait à redresser Valdunes, en passant potentiellement par «une diversification de secteurs» pour revendre après une durée estimée à six ans, ne séduit ni Bercy, ni la CGT.

Celle-ci organise un rassemblement le 17 janvier, juste avant l’audience au tribunal de commerce de Lille. Selon Maxime Savaux, l’administrateur judiciaire y demandera le report de l’audience au 21 février, compte tenu du délai de dépôt de dossier allongé jusqu’au 24 janvier.

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