Le projet semble arriver à contretemps. Début novembre, en pleine vague de doute quant au futur de l'industrie des batteries en Europe, la start-up franco-luxembourgeoise Livista Energy a annoncé un projet de raffinerie de lithium à plus de 1 milliard d'euros à Haropa Port, le port fluvio-maritime de l'axe Seine, près du Havre (Seine-Maritime).
Un projet similaire, en Allemagne, est passé au second plan derrière les avantages du «site clés en main» proposé parla France. «L'objectif est de s'adapter au marché. Nous nous préparons, mais nous ne sommes pas pressés», souligne Jean-Marc Ichbia. Doté d'une solide expérience dans le gaz naturel liquéfié russe, l'homme a été nommé directeur général de la jeune pousse adossée à un family office luxembourgeois pour y importer les méthodes industrielles du secteur gazier et faire arriver à maturité ce projet.
L'objectif est de produire 80 000 tonnes de lithium pour batteries, de quoi équiper 1,5 million de véhicules électriques, dont la moitié dès 2028. L'usine, qui emploiera 300 personnes, pourrait produire, selon la demande de ses clients, de l'hydroxyde ou du carbonate de lithium dans des proportions encore à déterminer. «Les besoins de l'Europe en lithium sont énormes», argumente Jean-Marc Ichbia, qui a la lourde tâche de convaincre clients, fournisseurs, et surtout investisseurs et banquiers, de la crédibilité du projet.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3738 - Janvier 2025



