Less Common Metals envisage une usine de terres rares à Lacq pour structurer une filière européenne

Annoncé lors du sommet Choose France 2025, le projet du britannique Less Common Metals prévoit l’implantation d’une usine de production de métaux et d’alliages de terres rares en France, représentant un investissement de 110 millions d’euros. Le site de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, est envisagé mais n’a pas encore été confirmé. À terme, l’usine pourrait s’inscrire dans un pôle industriel aux côtés du français Carester et créer jusqu’à 140 emplois.

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Usine alliages terres rares Less Common Metals
Le projet de LCM s'inscrit dans une dynamique européenne de diversification des approvisionnement en métaux et alliages de terres rares.

C’est l’un des seuls projets industriels annoncés lors du sommet Choose France 2025. Le britannique Less Common Metals (LCM) projette d’investir 110 millions d’euros pour implanter une usine de production de métaux et d’alliages de terres rares en France. Le site de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) est pressenti, mais la décision finale n’est pas encore arrêtée. L’entreprise indique que des discussions sont toujours en cours, notamment sur la question de la fourniture en énergie.

L’installation pourrait générer entre 100 et 140 emplois. L’entrée en service est espérée entre le début et le milieu de l’année 2027, avec un déploiement progressif des unités de production.

Un futur pôle sur les terres rares à Lacq ?

Le choix de Lacq n’est pas un hasard. LCM travaille en collaboration avec la société française Carester, qui prévoit l’ouverture sur ce site d’une usine de recyclage de terres rares d’ici fin 2026. LCM prendrait en charge les oxydes produits par Carester pour les transformer en métaux et en alliages, destinés aux fabricants d’aimants. «Nous travaillons avec Carester depuis plusieurs années sur ce projet. Leur activité de recyclage constitue une base industrielle cohérente pour développer une filière circulaire, je vois cela comme faisant partie de l’avenir de l’industrie des aimants», explique Grant Smith, président de LCM. Une relation confirmée par Frédéric Carencotte, fondateur de Carester. Cette implantation conjointe permettrait de structurer un véritable écosystème autour des terres rares dans le Sud-Ouest.

L’usine de LCM serait en mesure de s’aligner avec les volumes de Carester, de l’ordre de 600 tonnes d’oxydes de terres rares lourdes et 800 tonnes d’oxydes légères par an. Elle pourrait également traiter des oxydes «vierges» issus d’autres fournisseurs.

S’affranchir de la dépendance à la Chine

Si le choix de Lacq n’est pas officiellement arrêté, la future implantation en France est d’ores et déjà sécurisée. LCM souligne le rôle déterminant de l’accompagnement des autorités françaises. L’entreprise compte en outre bénéficier des dispositifs du plan France 2030 ainsi que de possibles aides européennes, encore en cours de négociation. L’historique industriel français dans les terres rares a également pesé dans le choix du pays, selon Grant Smith.

Créée en 1992, LCM emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés au Royaume-Uni. Elle s’est imposée comme l’un des rares producteurs occidentaux de métaux et d’alliages de terres rares, essentiels pour la mobilité électrique, les énergies renouvelables, l’électronique et la défense. «Nous sommes la seule entreprise, à notre connaissance, en dehors de la Chine ou des opérations chinoises en Thaïlande ou au Vietnam, à pouvoir produire toute la gamme des métaux et alliages légers et lourds à base de terres rares», se targue Grant Smith. LCM travaille avec les fabricants d’aimants en Europe, au Japon et dans le reste de l’Asie, et plus récemment aux États-Unis.

Depuis 2017, LCM a mis en place une stratégie de diversification de ses approvisionnements pour réduire sa dépendance à l’égard de la Chine. «Certains de nos clients exigent des chaînes d’approvisionnement partiellement ou totalement non chinoises. Nous sommes en mesure de leur offrir», explique Grant Smith. L’usine envisagée en France permettrait de renforcer cette capacité, en s’appuyant à la fois sur le recyclage local et sur des sources extérieures alternatives.

Vers plus de souveraineté européenne sur les terres rares ?

Le projet de LCM s’inscrit dans une dynamique plus large. À l’échelle du continent, l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance à l’égard de la Chine, qui ne cesse de s’accentuer selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Entre 2020 et 2024, Pékin a concentré à lui seul près de 90% de la croissance de l’offre mondiale de terres rares raffinées. Cette concentration croissante du raffinage, en particulier dans les terres rares, va à rebours des objectifs de diversification affichés par l’Europe et fragilise la sécurité d’approvisionnement des chaînes industrielles stratégiques. Le Critical Raw Materials Act, adopté en 2023, prévoit que 40% des matériaux critiques consommés en Europe soient traités localement d'ici à 2030, et qu’un quart provienne du recyclage.

Le développement de ce nouveau pôle autour des terres rares en France s’inscrirait dans cette logique. Le défi, désormais, sera de passer de la promesse à la véritable filière industrielle. 

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