Danone va enfin avoir un nouveau patron... enfin, deux plutôt. À compter de ce 15 septembre, le tandem Gilles Schnepp au poste de président et Antoine de Saint-Affrique à celui de directeur général sera en charge de la gestion du groupe laitier français, présidant aux destinées de marques aussi emblématiques qu'Evian, Volvic, Blédina ou encore les Deux Vaches. Ce duo aura la responsabilité de remettre à flot le groupe industriel, après une année de turbulences ponctuées par le départ d'Emmanuel Faber. Pour réussir leur mission, les deux hommes devront s'atteler à plusieurs dossiers de taille.
Rassurer les salariés
La première tâche des nouveaux dirigeants sera probablement de redonner confiance aux salariés du groupe. Ebranlés par plus d'un an de tensions internes et de communication chaotique, le tout sur fond de menaces des fonds activistes, les 100 000 salariés du géant laitier auront besoin d'être rassurés quant aux orientations stratégiques du groupe. En interne, on souffle que les troupes craignent la fin du modèle d'entreprise de Danone qui, depuis le discours d'Antoine Riboud en 1972, mêle dimension sociale et performance économique. Pour les sécuriser, il est prévu qu'Antoine de Saint-Affrique rencontre très rapidement les représentants du personnel. Ces derniers s'étaient montrés publiquement favorables au maintien d'Emmanuel Faber à son poste au printemps dernier.
Pour compliquer les choses, ces premières réunions se tiendront dans un contexte de mise en place d'un plan social, lui aussi hérité de la direction précédente, qui prévoit le départ de 1850 salariés à travers le monde.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Mettre en place le plan "local first"
Ces suppressions d'emplois sont parties intégrantes du plan "local first" dévoilé par Emmanuel Faber avant son départ. Lors de la dernière assemblée générale, Gilles Schnepp a confirmé que malgré l'éviction de son instigateur, cette restructuration stratégique serait maintenue. Il reviendra donc à Antoine de Saint-Affrique de la déployer.
Ce plan prévoit notamment une réorganisation par pays plutôt que par métier. Il envisage également une revue de portefeuille avec à la clé des cessions, comme celle entamée en Argentine où le groupe a revendu la marque Vega. La question de la cession de la branche "eaux", largement touchée par la crise et les restrictions de déplacement pendant le Covid, sera également sur la table du nouveau directeur général.
Pour mettre en application ce plan, Antoine de Saint Affrique pourra compter sur un conseil d'administration entièrement renouvelé. A l'exception de Gilles Schnepp, tous les administrateurs du groupe, y compris la famille Riboud, ont annoncé qu'ils ne demanderaient pas le renouvellement de leur mandat. Une telle radicalité, peu habituelle dans le monde des administrateurs, illustre la volonté de tourner la page de l'ère Faber et de permettre au géant laitier de retrouver plus de sérénité.
Restaurer les performances économiques du groupe
Au total, "Local First" devrait amener à la réalisation de près de 700 millions d'euros d'économies. Cette somme doit permettre au groupe de restaurer sa marge opérationnelle, établie en 2020 à 14%. C'est trois points en dessous de celle des principaux concurrents de Danone. C'est d'ailleurs cette contre-performance qui avait déclenché la première attaque des fonds activistes contre la gestion d'Emmanuel Faber.
La restructuration doit également permettre à Danone de renouer avec une croissance de 3 à 5% sur le moyen terme. En juillet, le groupe a d'ailleurs confirmé ses objectifs financiers pour l'année 2021, avec un retour de la croissance attendu pour le deuxième trimestre. La marge opérationnelle pour 2021 devrait, quant à elle, rester stable.



