«Les difficultés liées au manque de conducteurs sont en passe de se résoudre, se réjouissait Valérie Pécresse, présidente de la région et d’Île-de-France Mobilités (IDFM), lors d’une conférence de presse, au Conseil régional, lundi 29 janvier au soir, après avoir auditionné les patrons de la RATP et de la SNCF. Et nous sommes très satisfaits du retour à la normale des bus, mais des causes externes liées aux travaux des JO et des causes structurelles liées à la Mairie de Paris existent encore.» La RATP et la SNCF ont accéléré les recrutements au cours de l’année 2023.
Les chiffres montrent que depuis novembre et jusqu’à mi-janvier, le nombre de lignes de métros offrant un service régulier est passé de cinq à huit. Par contre, trois lignes restent en grandes difficultés (6,8 et 13). Il faut ajouter les trois lignes de RER B, C et D. «Sur le RER B, la ponctualité est inacceptable, s’emporte la présidente d’IDFM. Nous devons gagner deux points de ponctualité dès cette année et un point par an à partir de 2025.» Le centre de commandement unique pour les lignes B et D est enfin programmé. Il arrivera en 2030 et se situera à la Plaine-Saint-Denis. L'arrivée des futures rames du RER B est cependant retardée.
Valérie Pécresse indique qu’un nouveau dédommagement pour les utilisateurs des lignes de RER B, C et D sera mis en place prochainement (entre un demi et un mois et demi d’abonnement selon les cas). Et pendant ce temps là, les nouvelles rames du RER Eole arrivent au compte-goutte.
Plus d’1 milliard d’euros pour les nouvelles rames de métro
Le parc des métros est très hétérogène. La moitié des lignes ont des rames âgées de plus de 43 ans. Généralement, elles sont remplacées quand elles atteignent l’âge canonique de 50 ans. La présidente de la région assure que de nouvelles rames seront déployées sur les lignes concernées dans les prochaines années. IDFM a précisé à L’Usine Nouvelle que «le montant de la commande évalué à près d’1,1 milliard d’euros courants HT pour renouveler les 103 nouvelles rames pour les lignes 8, 12 et 13 du métro passera au conseil d’administration du 6 février».
Selon le planning de l’autorité organisatrice des transports les fameuses rames MF19 développées par Alstom commenceront à être déployées sur la ligne 10 dès 2024, puis sur les 7bis et 3 bis avant de s’attaquer à la ligne 13 en 2027 (qui sera automatisée à terme), la 12 en 2028 et la 8 en 2029. L’appel d’offre de 2019 concernait 410 rames pour 2,9 milliards d’euros et une première tranche ferme avait été commandée pour 44 métros pour les lignes 10, 3bis et 7 bis. Là, il s’agira de la seconde tranche ferme. Du travail en perspective pour les usine Alstom, en espérant qu’elle puisse livrer dans les temps.
La RATP en lutte contre l’absenteisme
En dehors des travaux, et des problèmes d’infrastructures ou de matériel, une bonne part des retards est liée à l’absentéisme. Si Jean Castex, le PDG de la RATP, se félicite d’une progression de 15 points sur le service des bus depuis le point bas de septembre 2022, grâce aux recrutements, il dénonce «un certain nombre d’arrêts maladie frauduleux, une centaine d’entre eux ayant donné lieu à des licenciements» et met en avant le problème des bagages abandonnés en hausse. La cause : «l'utilisation généralisée des casques. On a l’esprit ailleurs et on oublie ses bagages». Pour accélérer les procédures, Jean Pierre-Farandou, PDG de la SNCF et Jean Castex, ont annoncé une augmentation du nombre de brigades cynophiles. Quant aux voyageurs malades, ils pourront être déplacés plus facilement hors des voitures et attendre les secours sur le quai. Si ce n’est pas trop grave…



