Les producteurs de lait accusent Lactalis et Savencia de ne pas respecter la loi Egalim

A l’occasion d’une conférence de presse le 23 janvier, la FNPL, le syndicat professionnel des producteurs de lait, s’en est pris à deux des principaux industriels des produits laitiers en France, Lactalis et Savencia, les accusant de fixer un prix du lait sans tenir compte des coûts de production.

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Usine Lactalis Lactel Vitré
Le prix du lait est au coeur de la bataille entre producteurs et industriels en pleine négociations commerciales.

Remontés. Alors que les agriculteurs font entendre leur colère dans tout le pays, les producteurs de lait sont montés au créneau dans l’après-midi du 23 janvier à l’occasion d’une conférence de presse de la FNPL, la Fédération nationale des producteurs de lait. La cible de leur courroux ? Les géants Lactalis et Savencia, accusés de fixer un prix du lait anormalement bas, au mépris de la loi Egalim qui impose que la négociation reflète les coûts de production des agriculteurs. La salve intervient alors que le gouvernement a souhaité boucler de manière anticipée les négociations commerciales, espérant tempérer l'inflation en rayons. 

«Nous avons un outil qui s’appelle la loi Egalim : il y est écrit que la matière première agricole est non-négociable, a pesté Thierry Roquefeuil, le président du syndicat. (…) Le gouvernement doit faire respecter la loi. Le médiateur des négociations commerciales, avec la vitesse à laquelle il agit, ne peut pas répondre aux craintes des paysans.» Deux industriels sont particulièrement ciblés, le reste de la troupe récoltant plus ou moins de lauriers (voir ci-dessous).

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Résumé du prix payé par les différentes laiteries de la FNPL. 

Lactalis, dont les négociations avec ses producteurs, réunis au sein de l’Unell, s’éternisent, tout comme Savencia, qui sort par ailleurs d’un conflit en justice avec une partie de ses producteurs réunis au sein de Sunlait, ont été épinglés. Ces industriels ont payé la tonne de lait respectivement 405 euros et 415 euros au mois de janvier – quand le meilleur élève, C’est qui le patron !? paie 490 euros avant les primes. «Nous devons obliger nos amis industriels à aller à la négociation et utiliser les indicateurs de coûts de production de l’interprofession reconnus par Egalim», a tonné Yohann Barbe, le trésorier du syndicat. L’interprofession indique que le coût de revient de la tonne de lait était de 442 euros en 2022 – elle ne dispose pas de données plus récentes.

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Contacté, Lactalis indique : «toutes les propositions qui ont pu être faites à l’organisation de producteurs UNELL, lors des réunions de négociations, s’inscrivaient dans le cadre de ces lois» Egalim. «Le Prix de Revient Agricole (PRA) a été fixé selon une méthodologie en place depuis quatre ans, établie avec l’accord de toutes les parties prenantes et applique strictement les dispositions d’Egalim. L’UNELL a demandé 5% d’augmentation du PRA basé sur une nouvelle approche qui n’était pas celle utilisée depuis quatre ans. Ces 5% ne sont par ailleurs pas compatibles avec les demandes de déflation de nos clients de la grande distribution». Savencia n’a pas pu être contacté dans les délais.

La situation pourrait toutefois se décanter. L’Unell et Lactalis ont accepté ce 23 janvier d’entamer une médiation. Du côté de Savencia la FNPL indique que l’industriel «est revenu sur son prix du lait en annonçant une hausse pour le mois de février et de mars».

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