Seul candidat à la succession du médiatique Richard Girardot, Jean-Philippe André a été élu le 24 juin président de l'Ania, l'Association nationale des industries alimentaires. Actuel président d'Haribo France, ancien président d'Alliance 7 (la fédération de l'épicerie spécialisée), Jean-Philippe André aura la lourde tâche de mettre fin aux divisions qui ont marqué la fin de mandat de Richard Girardot.
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Réduire les tensions entre grandes et petites entreprises
En novembre dernier, la puissante Adepale (Association des entreprises de produits alimentaires élaborés) avait annoncé sa sortie de l'Ania. La cause ? La mauvaise représentation des petites et moyennes entreprises au sein de la puissante fédération agroalimentaire. "L'Ania ne représente pas les 17 000 entreprises qu'elle prétend regrouper" expliquait alors Jérôme Foucault, président de l'Adepale. Jean-Philippe André aura donc pour mission de réconcilier les 17 000 entreprises françaises du secteur et de trouver un équilibre entre les 96% de TPE / PME du secteur et les grands groupes industriels. Pour cela, le nouveau président pourra s'appuyer sur sa longue expérience au sein des entreprises françaises. Avant de diriger Haribo France, ce diplômé de Sciences Po Strasbourg est passé par Danone et Kronenbourg, où il occupait le poste de directeur des ressources humaines.
Une nomination en plein débat sur la loi Alimentation
L'élection de Jean-Philippe André intervient le jour même de l'entrée à l'Assemblée nationale de la proposition de loi Besson Moreau visant à réformer la loi Egalim. C'est d'ailleurs le premier gros chantier auquel le nouveau président de l'Ania devra s'atteler.
Alors que le secteur agroalimentaire a plutôt bien résisté à la pandémie de Covid-19 avec une baisse des volumes, en 2020, de 2,9% seulement, soit trois à quatre fois moins forte que celle enregistrée pour l’ensemble des activités en France, il est confronté à de nouvelles demandes de déflation de la part des distributeurs. Selon les données de l'Ania, les produits alimentaires ont subi une demande de déflation de l’ordre de 0,3%, toutes catégories de produits confondues, lors des dernières négociations commerciales. Jean-Philippe André aura donc pour mission de défendre la mise en place d'un "tarif fournisseur". Soutenu par l'Ania et les autres fédérations d'industriels de l'agroalimentaire, ce tarif vise à "protéger une création de valeur et une juste répartition de celle-ci au sein de la filière alimentaire". Il fait l'objet d'un amendement qui sera discuté dans les prochaines semaines.



