Entre les deux confinements, la nouvelle est passée presque inaperçue... Mais la sortie de l'ADEPALE (l’Association des entreprises de produits alimentaires et élaborés) de l'ANIA (Association nationale des industries de l'agroalimentaire), le puissant lobby de l'agroalimentaire, au mois de juillet 2020 est loin d'être anodine.
Un secteur hétérogène
Sur fond de loi Alimentation et de crise économique, le divorce entre les associations illustre la difficulté de représenter un secteur marqué par son hétérogénéité. Dominé par des grands groupes internationaux à l'image de Lactalis ou Danone, l'agroalimentaire français est avant tout composé de petites entreprises. "Les TPE, PME et ETI représentent plus de 95% des industriels de l'agroalimentaire français", rappelle Jérôme Foucault, président de l'ADEPALE.
Forte de sa nouvelle indépendance, l'association a donc décidé de se rapprocher de la Confédération des PME pour y fonder la branche agroalimentaire. Son objectif: porter la voix des entreprises basées en France. "Pour nos entreprises, la France, ce n'est pas qu'un marché, c'est surtout l'endroit où elles sont installées, l'endroit où elles produisent et participent à la vie des territoires", justifie Jérôme Foucault.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Une nouvelle structure
Les 260 entreprises et 400 usines de l'ADEPALE, parmi lesquelles Bonduelle, Andros ou Labeyrie, ont été rejointes dans cette nouvelle structure par Brasseurs de France, la Fédération des vins et spiritueux, la Fédération des entreprises de boulangerie/pâtisserie. "Mais nous sommes actuellement en contact avec d'autres structures pour augmenter nos effectifs", confie Jérôme Foucault.
"Les petites entreprises du secteur méritent une écoute plus attentive", clame Jérôme Foucault. "L'ANIA ne représente pas les 17 000 entreprises qu'elle prétend regrouper", poursuit le responsable qui reproche notamment au puissant lobby agroalimentaire d'être trop influencé par les grands groupes internationaux aux dépens des TPE et des PME.
La CPME Agroalimentaire (qui entend se renommer à terme CPME Alimentaire) entend notamment peser sur les relations commerciales qui se sont ouvertes entre les distributeurs et les industriels. Elle s'est déjà rapprochée de Serge Papin, médiateur auprès du ministre de l'Agriculture des sujets liés à la répartition de la valeur dans la chaîne alimentaire.



