+ 30% pour le sucre, + 50% pour les fruits jaunes, + 20% pour les cerises... Depuis le début de l'année, le cours des produits alimentaires s'envolent. En juillet, l'Insee annonçait une hausse, sur l'année, de 8,2% du prix des produits d'alimentation, d'alcool et de tabac. Mais attention aux généralisations. Si ces chiffres concernent la plupart des filières agricoles et agroalimentaires, les raisons de ces augmentations n'en sont pas moins très diverses.
De mauvaises récoltes
Gel et fortes précipitations en Europe, forte sécheresse en Amérique du Nord et au Brésil... Les conditions climatiques exceptionnelles connues sur la majorité des continents causent, en ce mois de septembre, une flambée des prix des céréales et des fruits.
Le blé par exemple, pénalisé par les fortes pluies, a vu ses volumes récoltés en France chuter drastiquement. Selon le syndicat des industriels de la fabrications de pâtes alimentaires de France (Sifpaf), à peine deux millions de tonnes de blé dur seraient actuellement disponibles pour les industriels. Résultat, le prix de la tonne s'envole et atteint le cours historique de 251 euros, soit une hausse de 14,9% depuis le mois de juin. "Nous sommes dans une situation de tension historique", déplore le Sifpaf au sein duquel on retrouve les marques Panzani, Alpina ou Lustucru.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Autre exemple: celui des fruits, dont la récolte a été fortement perturbée par l'épisode de gel du printemps dernier. À l’échelle nationale, la production des cerises a baissé de 62%, celle des abricots de 64% et celle des pêches de 42%. Résultat: certains fruits rouges ont vu leur cours doubler en un an... Ce qui n'est pas sans conséquence pour les industriels du secteur, parmi lesquels les fabricants de yaourts, dont 35% à 50% des coûts provient des matières premières.
La hausse du coût de l'énergie et de l'alimentation animale
Outre les aléas climatiques, les industriels de l'alimentation doivent également compter avec la hausse du prix de leurs consommations intermédiaires. Selon l'Insee, sur un an, le coût de l'énergie dans la production agricole a, par exemple, augmenté de 21,1%. La filière viande doit, de son côté, faire face à la hausse du coût des céréales, qui se traduit notamment par une envolée du prix de l'alimentation animale. Selon l'Insee, en juillet, cette dernière avait augmenté de 12,2% sur un an. "Ces augmentations ont ainsi engendré un surcoût alimentaire de plus de 30% en volailles" note Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.
Le coût de l'emballage décolle également
De la matière première plus chère, des coûts de production qui s'envolent, mais également des frais d'emballage en hausse. Tiré par la reprise chinoise, le prix du carton affiche une hausse de 45% sur un an et celui du papier de 19% sur la même période. Le PET (plastique utilisé dans la fabrication de barquettes et bouteilles, notamment) décolle de 50% et le polystyrène de 58%. "Ce dernier représente 70% des emballages du secteur laitier", pointe Syndifrais, l'organisation professionnelle des fabricants de produits laitiers frais. En moyenne, les emballages compte pour 35% du prix des produits laitiers.
Les frais de transport suivent la même courbe
Quant à la logistique, la situation y est tout aussi tendue. Les industriels doivent, dans un premier temps, faire face à l'augmentation du prix des palettes de bois. Outil indispensable pour déplacer les produits au sein des entrepôts et chez les clients, leur tarif a, selon l'indice HPE en Allemagne, augmenté de 40% entre la fin 2020 et le mois de juin.
Le transport est également touché par la hausse des tarifs. Selon les industriels du café, qui importent la totalité de leur matière première par bateau, le coût des conteneurs dans les grands ports internationaux est passé de 7000 à 12 000, voire 14 000 dollars soit un tarif 5,4 fois plus élevé que le coût moyen sur les cinq dernières années.
Les industriels demandent un plan d'urgence
Pour faire face à tous ces renchérissements de leurs coûts, les filières agroalimentaires sont de plus en plus nombreuses à demander l'intervention du gouvernement pour faire pression sur les distributeurs. Le Sifpaf a été le premier à demander un plan d'urgence. Il a depuis été rejoint par le syndicat des produits frais, la fédération de l'industrie laitière, le syndicat des industriels de l'alimentation animale ou encore la Coopérative Agricole. Tous demandent à ce que les mécanismes de la loi Alimentation 2, qui prévoient notamment une clause de revoyure en cas de forte variation des prix, soient activés. Le texte, qui n'a pas encore été adopté définitivement, doit être voté par le Sénat le 21 septembre.



