Le Brexit n'engorge pas les ports de Calais et de Dunkerque

Depuis le 1er janvier 2021, les ports de Calais (Pas-de-Calais) et de Dunkerque (Nord) vivent concrètement les effets du Brexit. Ils comptent sur la dématérialisation des formalités administratives et sur l’infrastructure mise en place pour maintenir la fluidité du trafic.

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Port de Calais
70 % des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne transitent par Calais et Dunkerque.

Les principaux ports des Hauts-de-France, Calais pour le Pas-de-Calais et Dunkerque pour le Nord, s’y préparent depuis quelques années. Le Brexit est effectif depuis le 1er janvier 2021 et pour ces deux ports, l’activité ne semble pas touchée par les nouvelles formalités.

"Le Brexit n'est pas synonyme d'augmentation du trafic, précise Jean-Marc Puissesseau, directeur du port de Calais. Si les déclarations en douane sont faites comme il faut, à l'avance, je ne vois pas de problème." Avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les frontières ont été rétablies et des contrôles sont désormais réalisés pour les voyageurs et les marchandises.

Les entreprises doivent donc déclarer au préalable sur internet leurs marchandises via le système informatique des douanes françaises dédié et appelé "frontière intelligente". Selon la préfecture du Nord, "moins de 1 % des camions seront arrêtés sur la base des analyses de risques. Sans compter ceux n’ayant pas fait leurs formalités".

70 % des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne transitent par Calais et Dunkerque et, en moyenne, 12 000 camions y passent chaque jour. Pour assurer le contrôle des formalités douanières, sanitaires et migratoires, 700 fonctionnaires ont été recrutés (270 douaniers, 230 inspecteurs vétérinaires et phytosanitaires et 182 agents affectés à la police aux frontières).

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Le mot d’ordre : assurer la fluidité

Les opérateurs transmanche et l’État ont investi 40 millions d’euros pour construire des quais de contrôle des marchandises, des parkings, des voiries ou encore pour la mise en place du système informatique. De son côté, le port de Calais, par lequel 2 millions de camions transitent chaque année, a investi 6 millions d’euros dans les infrastructures pour rétablir une frontière physique. Deux zones ont été créées sur le terminal pour accueillir jusqu’à 190 poids lourds en attente d’une régularisation douanière. Et dès 2019, le port de Calais a mis en place un poste de contrôle frontalier vétérinaire et phytosanitaire. Ce dernier dispose de six quais de déchargement destinés à l’inspection sanitaire des produits alimentaires et aux contrôles des végétaux.

De son côté, Dunkerque vient d’inaugurer une nouvelle ligne dédiée aux poids lourds et reliant directement Dunkerque à Rosslare, en Irlande. L’objectif étant d’éviter le transit par le Royaume-Uni et les formalités douanières puisque l’Irlande est toujours membre de l’Union européenne. Pour cette semaine, toutes les places ont été réservées dans les deux sens, soit une capacité de 250 camions par jour.

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