Le mystère entourant l’échec du premier vol commercial de Vega-C, survenu fin décembre, s’éclaircit. La commission d’enquête indépendante mandatée par Arianespace et l’Agence spatiale européenne (ESA) a conclu fin février que cet accident était dû à un défaut sur le col de tuyère du deuxième étage de la fusée. Essentielle pour transformer la pression en poussée, soumise à de très fortes températures et à des gaz extrêmement corrosifs, cette pièce ultrasensible avait été fabriquée par la société ukrainienne Youjnoye. Le maître d’œuvre du lanceur, l’italien Avio, se défend d’avoir voulu réduire les coûts et indique avoir choisi ArianeGroup comme nouveau fournisseur.
L’ESA et Arianespace ont annoncé la mise en place de diverses actions correctives, parmi lesquelles «des tests supplémentaires au niveau du deuxième étage du lanceur», «des contrôles renforcés au sein de la chaîne d’approvisionnement», et «plus de moyens pour les ingénieurs qualité». Le prochain vol commercial de Vega-C n’aura pas lieu avant la fin de l’année, le temps que toutes ces mesures soient implémentées. Prévu à peu près à la même date, le vol inaugural d’Ariane 6 cumule quant à lui plus de trois ans de retard. De quoi offrir un boulevard à la concurrence étrangère... Alors que l’Europe spatiale, privée de Soyouz, peine à dépasser 20 lancements annuels, l’américain SpaceX prévoit à lui seul de franchir le cap des 100 tirs cette année.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3717 - Avril 2023



