Les trains et les avions cargo ne sont pas les seuls moyens de transport engagés dans la lutte contre le Covid-19. Les avions d’affaires sont aussi de la partie. À l’instar de l’aviation commerciale, ce segment connaît une chute d’activité spectaculaire. "Nous évoluons à présent avec un trafic inférieur à 85 % par rapport à la normale, assure Bruno Mazurkiewicz, le directeur de l’aéroport de Paris-Le Bourget. Nous traitons environ 170 vols par semaine actuellement, contre entre 100 à 200 vols par jour en temps normal."
L’essentiel du trafic ? Il provient désormais du rapatriement sanitaire et du transport de matériels : des vols de ce type ont lieu presque tous les jours au Bourget. Les initiatives de la part des acteurs de l’aviation d’affaires se sont multipliées ces dernières semaines, mettant en lumière un aspect méconnu de ce segment. Car en temps normal, entre 2 200 et 2 400 vols sanitaires sont effectués chaque année au niveau de l’aéroport parisien, notamment pour l’acheminement de greffons, soit 5 % de son trafic.
Falcon et TBM à disposition
Dassault Aviation a mis à disposition du ministère des Armées deux Falcon, dans le cadre de l’opération Résilience. Et pour soutenir la démarche de l’ONG Aviation sans frontières, Daher a prêté deux TBM. Les opérateurs s’impliquent aussi, à l’image de la compagnie luxembourgeoise Jetfly, dirigée par le Français Cédric Lescop. "Outre des vols sanitaires, nous assurons plusieurs vols cargo gratuits avec un Pilatus PC-12 réaménagé spécialement pour transporter jusqu’à 40 cartons contenant 80 000 masques au total, entre Milan et plusieurs provinces italiennes", détaille le dirigeant. L’opérateur français Clair Group, qui emploie 150 personnes, est allé encore plus loin en créant une nouvelle filiale, France Medics, dédiée à la distribution de masques. "Cette activité permet aujourd’hui de sauver le groupe, affirme Charles Clair, son PDG. Nous achetons aux grands distributeurs des masques à prix coûtant que nous redistribuons ensuite aux PME." France Medics a livré 1 million de masques à Point P en trois jours. Une diversification qui pourrait, selon Charles Clair, multiplier par trois l’espérance de vie de son entreprise.



