Chronique

Les grandes entreprises américaines accentuent la pression pour faire revenir leurs salariés au bureau

A l’instar de la banque JPMorgan Chase en avril, plusieurs grandes entreprises américaines accentuent la pression sur leurs salariés pour qu’ils reviennent au bureau. En France, le retour de bâton devrait être moins brutal.

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JPMorgan
JPMorgan Chase ne veut plus de télétravail pour ses directeurs.

On connaissait déjà l’aversion d’Elon Musk pour le télétravail depuis l’e-mail envoyé en juin 2022 par le patron de Tesla à ses salariés, qui comparait leur absence de retour au bureau à une démission. Ou encore à travers son premier message "pro-présentiel" adressé aux employés de Twitter après le rachat de leur entreprise.

Mais l’excentrique boss de SpaceX, qui continue malgré tout de s’appuyer sur le télétravail quand il veut réduire ses coûts, est de moins en moins seul sur ce créneau. Plusieurs géants de l’économie américaine font machine arrière sur le travail à distance, généralement avec plus de doigté qu’Elon Musk... ou peut-être de roublardise.

Agacement chez JPMorgan et Apple

Dernier exemple en date : la plus grosse banque des Etats-Unis, JPMorgan Chase, a demandé mercredi 12 avril à ses directeurs d’être au bureau cinq jours par semaine, en plus de rappeler l’ensemble de ses employés à leurs obligations de présence sur trois ou cinq jours en fonction de leur activité. Selon une note interne consultée par le Financial Times, la banque regrette que « certains salariés ne répondent pas à leurs impératifs de présentiel » et estime que ses directeurs « doivent être visibles sur le terrain, rencontrer les clients, coacher et conseiller les équipes et toujours être accessibles pour des réunions impromptues ou des feedbacks ». Les salariés qui s’échineraient à aller à l’encontre de cette politique devraient en subir les conséquences, jusqu’à des « actions disciplinaires » sans qu’on en sache plus sur la nature de celles-ci.

Quelques semaines plus tôt, Apple avait déjà été pointé du doigt par la rédactrice en chef de la newsletter tech Platformer pour sa volonté d’intensifier les avertissements envers ses collaborateurs qui ne viendraient pas au bureau trois fois par semaine. Avec là encore des perspectives de licenciements dans certaines équipes.

Amazon mise sur un temps d'adaptation

Dans deux semaines, ce sera au tour d’Amazon de tourner la page du 100% télétravail généralisé. Mi-février, le PDG du mastodonte du commerce en ligne, Andy Jassy, avait indiqué cette échéance pour un passage à trois jours de présentiel obligatoires par semaine. Jusqu’ici, ses directeurs pouvaient décider de l’organisation de leur équipe. En août dernier, un salarié de la firme racontait ainsi à L’Usine Nouvelle qu’il travaillait uniquement depuis chez lui, à Seattle.

En donnant du temps à ses troupes, Andy Jassy espère peut-être éviter l’emploi de la méthode forte, lui qui considère cette opération "retour au bureau" comme une mission difficile. Dans son message de février, il tente de convaincre des bienfaits du présentiel pour le travail d’équipe, la créativité et les nouveaux employés qui semblent être "désavantagés" parce qu’ils n’ont pas reçu le mentorat et l’apprentissage des autres salariés. En début d’année, le boss de Salesforce, Marc Benioff s’interrogeait déjà sur un possible lien entre les problèmes de productivité de l’éditeur de logiciels de gestion de la clientèle et ses jeunes recrues travaillant à la maison.

Le 100% télétravail moins répandu en France

Alors que certaines études suggèrent des gains de productivité grâce au télétravail, ces grandes entreprises en sont moins convaincues à leur échelle, en tout cas pour sa forme la plus poussée. Elles semblent au contraire profiter d’un marché de l’emploi plus difficile dans la tech outre-Atlantique pour faire revenir leurs salariés.

Faut-il s’attendre au même retour de bâton en France ? Rien n’est moins sûr. Selon une étude de février 2023 du consortium Future Forum, fondé entre autres par Slack et le BCG, seuls 8% des employés de bureau télétravaillent à 100% en France, contre 23% aux Etats-Unis. A l’inverse, le travail hybride est plus présent dans notre pays. Il est vrai que l’organisation du travail à distance y est le fruit d’un dialogue entre employeurs et représentants des salariés. A l’inverse des Etats-Unis, où les décisions sont prises de manière plus descendante, que ce soit par le big boss ou un petit groupe de managers seniors.

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