Les étudiants en filières technologiques et scientifiques plus inquiets pour leur avenir

Un sondage mené par l'IFOP pour Canévet et associés sur les perspectives d’avenir des lycéens et des étudiants à l’heure du coronavirus pointe leurs inquiétudes.

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Etudiants école d'ingénieurs ENSE3 grenoble INP
Les lycéens et étudiants français de 2020 ne veulent pas être une génération sacrifiée.

La crise sanitaire laisse des traces : les bacheliers et étudiants s'interrogent sur l'impact qu'elle pourrait avoir sur leur avenir. L'Institut français d'opinion publique (IFOP) a publié le 27 mai pour Canévet et associés un sondage sur les perspectives d'avenir des lycéens et des étudiants à l'heure du confinement et du coronavirus.

“Nous constations qu’au-delà des données du ministère et des établissements, il y avait très peu de retours d'expériences d'étudiants eux-mêmes. C’est ce qui nous a poussés à travailler en ce sens”, clarifie Manuel Canévet, consultant et gérant de Canévet et associés. L’enquête a été menée du 6 au 14 mai auprès d’un échantillon de 250 lycéens et 752 étudiants, représentatif de la population estudiantine et lycéenne française.

Des étudiants plutôt pessimistes

Moins de la moitié des interrogés (43%) affirme être optimiste sur l'avenir de la France et ils sont 60% à estimer que les conditions actuelles d'études vont avoir une incidence plutôt négative sur la poursuite de leurs études. “Nous nous attendions à des résultats plus négatifs, nuance Manuel Canévet, qui tient à les mettre en perspective. Le sondage a été réalisé pendant le confinement. Les étudiants n’avaient pas énormément de visibilité, et pour le lycée, c’était à quelques jours du 19 mai, date butoir de Parcoursup.”

Les filières technologiques et scientifiques plus inquiètes

En affinant les résultats du sondage, il apparaît que les jeunes étudiant en filière technologique (DUT) ou scientifique (toutes les filières universitaires licence, master et doctorat) ont tendance à être plus pessimistes que l’ensemble des sondés. Seuls la moitié d’entre eux sont sereins concernant leur avenir professionnel : 50% pour les scientifiques et 52% pour les technologiques, contre 57% pour la totalité du panel.

Les fossé se creuse lorsqu’ils sont questionnés sur les conséquences des conditions actuelles (cours à distance, examens annulés ou reportés) sur la poursuite de leurs études ou leur carrière professionnelle. Les scientifiques questionnés sont en effet 62% à estimer que ces modalités pédagogiques auront un impact plutôt négatif sur leur carrière et 84% sur la suite de leurs études. Si l'on considère l'ensemble des personnes sondées, elles ne sont respectivement que 42 et 60% à se montrer inquiètes. 

Les sciences appliquées orientées vers les TP

“L’une des raisons de cette différence et que le travail à distance est plus complexe dans les filières scientifiques où la connexion avec le monde professionnel est très forte,” estime Manuel Canévet. Structurées autour de travaux dirigés et pratiques, les sciences appliquées nécessitent plus de manipulations que les sciences humaines, plus "faciles" à enseigner à distance.

Pour Manuel Canévet, le sondage dans son ensemble est un message à prendre en compte pour les écoles : les étudiants sont satisfaits de la gestion de crise, mais pas rassurés quant à leur avenir. “Il faut aussi comprendre que le cours en distanciel est adapté à certaines situations, mais que l’expérience physique que vit un étudiant sur un campus n’est pas remplaçable.”

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