Fragilisées par la crise, les écoles d’ingénieurs s'interrogent sur la prochaine rentrée

Face à la crise économique, la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI) s’interroge sur le futur proche des établissements, notamment marqués par une santé financière fragilisée et des possibles difficultés d’employabilité et de mobilité des étudiants.

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École d’ingénieurs Isae sup’aéro, à Toulouse - Février 2019
La préparation de la rentrée 2020, sur fond d'incertitudes budgétaires, inquiète les écoles d'ingénieurs.

L’année scolaire n’est pas terminée que l’heure est déjà aux premières conclusions. Alors que l’organisation des écoles d’ingénieurs est totalement chamboulée depuis plusieurs semaines, la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI) tenait mercredi 20 mai une conférence de presse. Après avoir évoqué la vie des écoles pendant le confinement, notamment l’organisation des cours à distance, la participation de certains programmes de recherches et fablabs à la lutte contre l'épidémie, la discussion s’est orientée sur le contexte flou qui entoure les prochains mois.

Equation financière compliquée

Premier constat au sein des écoles : la crise sanitaire a engendré une baisse des recettes de la formation continue pour les professionnels, les partenariats avec les entreprises, les chaires industrielles ou la collecte de la taxe d’apprentissage.  Au contraire, les moyens déployés pour assurer la continuité pédagogique ont occasionné des dépenses supplémentaires : serveurs, logiciels et autres ressources pour aborder efficacement les cours en distanciel. 

"Cet effet ciseau nous préoccupe et j’insiste sur le fait que la formation est un secteur régalien, estime le président de la CDEFI Jacques Fayolle. Il s’agit de souveraineté nationale, de secteurs technologiques comme l'énergie ou le numérique qui contribuent à la position stratégique de la France.” La CDEFI demande donc une extension du régime du chômage partiel pour les personnels contractuels d’écoles publiques financés sur ressources propres ne pouvant poursuivre leur activité ainsi que l’ouverture d’une concertation avec les pouvoirs publics sur un soutien budgétaire de l’ensemble des établissements.

Des conséquences pour les étudiants

Il y a quelques jours, dans le cadre d'une initiative portée avec Syntec Conseil, le syndicat représentatif du secteur du conseil et de formations des universités françaises, la CDEFI avait suggéré des mesures pour favoriser l'embauche des jeunes diplômés pour pas qu'ils ne soient les "sacrifiés" de la crise sanitaire. Un appel dont elle a réitéré les revendications, notamment l’exonération totale des charges patronales et salariales des salaires pour l’embauche en CDI des jeunes diplômés, l’augmentation de l’aide aux employeurs d’apprentis et l’extension de l’éligibilité à toutes les entreprises.

La CDEFI prévoit également une difficulté de recrutement d'étudiants internationaux et des perturbations dans les séjours à l'étranger de ses étudiants. Forte de ce constat, elle estime “essentiel que les procédures d’obtention des visas puissent être adaptées au plus vite afin de faciliter leur arrivée” et que les bourses au profit des étudiants internationaux soient renforcées.

Intégration à un plan de relance

Le président de la CDEFI Jacques Fayolle a également indiqué que la commission permanente et le bureau élargi de la CDEFI se mobilisent depuis une dizaine de jours pour réfléchir à un plan de relance de l’enseignement supérieur - intégré au plan de relance économique du gouvernement - , en lien avec le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.

"Les axes de relance sont à la fois financiers et structurels, clarifie Jacques Fayolle. Nous l’abordons selon l’ensemble de notre activité : enseignement, recherche, mais aussi logistique de l'établissement et modalités pédagogiques.” Si la réflexion se fait actuellement en interne, elle devrait rapidement être mutualisée avec la Conférence des présidents d'université (CPU) et la Conférence des grandes écoles (CGE).

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