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Les ETI franchissent la porte de l'Ecole des Mines avec la création d'une chaire d’enseignement et de recherche dédiée

L'école des Mines Paris s’allie avec le Club ETI Ile-de-France pour créer la première chaire d’enseignement et de recherche spécialisée sur les ETI, nommée etilab. Objectif: mieux connaître et mieux faire connaître les 5 500 entreprises de taille intermédiaire françaises, aujourd’hui dans l’angle mort des jeunes diplômés.

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Les ETI vont disposer d'une chaire d'enseignement et de recherche dédiée à l'école des Mines Paris.

La ministre déléguée aux PME, Olivia Grégoire, annonçait aux Echos sa volonté de faire émerger 500 ETI en cinq ans. Dans ce contexte, l’École des Mines se met en ordre de marche. Jeudi 22 septembre, l’établissement parisien et le Club ETI Ile-de-France lance etilab, la première chaire d’enseignement et de recherche exclusivement dédiée aux entreprises de taille intermédiaire. Le projet, dans les tuyaux depuis plus de deux ans, s’est construit en partenariat avec différents acteurs publics et privés tels que la Région Île-de-France, le Crédit Agricole d’Ile-de-France, Mazars et certaines ETI mécènes.

Premier enjeu de cette chaire: caractériser les ETI du territoire, via la construction d’une base de données la plus précise possible: «Qui sont vraiment les ETI françaises? C’est la grande question qui se pose aujourd’hui» explique Pierre Fleckinger, professeur d’économie aux Mines de Paris et titulaire de la chaire etilab. «Il va donc falloir creuser dans les données qui existent et aller sur le terrain pour caractériser avec précision ce type d’entreprise. C’est un vrai travail de mineur, à la pioche!» En parallèle, l’étranger sera scruté à la loupe pour identifier les facteurs de succès des ETI, avec en première ligne l’Allemagne, qui compte 13 000 de ces entreprises de taille intermédiaire, contre 5 500 en France.

Attirer les étudiants

Ces entreprises, qui comptent entre 250 et 4 999 collaborateurs, représentent 25% de l’emploi salarié de l’Hexagone, réalisent près d’un tiers du chiffre d’affaires des entreprises françaises et 34% des exportations. De plus, leur ancrage territorial fait d’elles des acteurs incontournables de l’économie française. «Dans l’objectif du plein emploi, l’ETI est certainement l’élément le plus important.» remarque François Luscan, co-président du Comité d’orientation de l’etilab et vice-président du Club ETI Île-de-France. Pourtant, nous sommes toujours confrontés à un manque de connaissance qui pénalise da prise en compte de la part du monde politique et économique et à un problème d’attractivité.»

La chaire sera ainsi l’occasion d’attirer de nouveaux talents, grâce à une proximité inédite entre les dirigeants et les étudiants des Mines. Stages, projets d’études, visites de sites… Les entreprises veulent se faire connaître des plus jeunes, et misent sur la chaire pour les accompagner dans des thématiques d’avenir, plus proches des ambitions des futurs diplômés. «Le sujet de la transition écologique est majeur, nous avons besoin des universitaires, des chercheurs et de leur travaux. Idem pour la transition digitale, les ressources humaines ou la gouvernance», liste François Luscan. Autant de sujets de recherches d'importance qui permettraient d’accélérer le développement d’ETI déjà existantes, comme la création de nouvelles structures.

Au total, la chaire comptera d’ici à quelques mois une dizaine de personnes, dont des stagiaires et des étudiants en thèse. En plus d’un comité d’orientation, cette équipe sera accompagnée par un comité scientifique présidé par l’économiste Philippe Aghion. Ses membres auront un rôle consultatif, et pourront épauler les thésards sur des sujets très précis. Avant les premiers résultats des recherches, prévus pour dans quelques années, des éléments intermédiaires seront dilués au fil de l’année via des conférences.

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