Soutenir le développement des énergies renouvelables coûte cher à la France. Dans le projet de loi de finances pour 2021, le soutien de l’État au développement du solaire, de l’éolien terrestre et en mer, de la méthanisation, de la chaleur verte, voire de l’hydraulique, dépassera 6 milliards d’euros.
C’est un "record historique", qui correspond à un "doublement par rapport à 2012", observe le ministère de la Transition écologique. Un effort nécessaire pour permettre à la France d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé dans sa feuille de route énergie, la PPE : 33 % d’énergies renouvelables en 2030, contre 17,2 % à la fin 2019. Un objectif ambitieux, qui ne vise pas principalement, contrairement à d’autres pays, à décarboner son électricité. C’est déjà largement fait.
Entre le nucléaire (70,6 % de la production 2019), l’hydraulique (11,2 %), le solaire (2,2 %) et l’éolien (6,3 %), le mix électrique français est bas carbone à 90 %. Grâce au soutien aux électricités renouvelables, la France a pu fermer ses centrales électriques au fioul en métropole et programmer l’arrêt de ses quatre centrales à charbon pour 2022. Elle a aussi mis ses territoires d’outre-mer sur la voie de l’autonomie électrique, même si la route est encore longue.
Aujourd’hui, le soutien aux énergies renouvelables répond à une autre logique que le climat. Il s’agit de rééquilibrer le mix électrique en ramenant, comme le veut la loi énergie-climat de novembre 2019, la part du nucléaire à 50 %. Et pas pour des raisons idéologiques. Entre les effets cumulés de la pandémie de Covid-19 et des épisodes de canicule, jusqu’à 24 réacteurs nucléaires sur 56 étaient à l’arrêt cet été, obligeant RTE à solliciter les centrales à charbon. Malgré toutes les qualités du nucléaire, pilotable et bon marché, la France doit désormais lui associer en masse des alliés renouvelables.



