Siemens, Stadler, CAF, Hyundai…. A Berlin, tous les constructeurs présentaient ou évoquaient sur leur stand leur futur train à hydrogène. Certains ont commencé des tests et les plus avancés ne commercialiseront pas leur train avant 2024. Quatre ans après le pionnier français Alstom…
Depuis quelques semaines, le constructeur français a déjà livré six des quatorze trains Coradia iLint alimentés par des piles à combustible à hydrogène pour la ligne de Basse-Saxe reliant Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude. C’est la première ligne au monde qui fait rouler en service commercial des trains à hydrogène. Et les dernières rames seront livrées avant la fin de l’année. A la même époque c’est la région métropolitaine de Francfort qui mettra en service les premiers trains à hydrogène après avoir passé une commande de 27 exemplaires auprès d’Alstom. Le tout accompagné d’un record du monde d’autonomie qui atteint 1175 kilomètres…
Le Mireo Plus H de Siemens sur les rails en 2024
Les concurrents d'Alstom tentent d’effacer une partie de leur retard. A l'édition 2022 d'Innotrans, Siemens exposait son premier train à hydrogène. Les premiers tests ont été réalisés et le constructeur allemand annonce des tests de certification en 2023 avec un premier service commercial en 2024 pour les sept trains Mireo Plus H (équipés d’une pile à combustible et d’une batterie lithium-ion) à deux voitures commandés par la région Berlin-Brandebourg. L’autonomie visée se situerait entre 600 et 800 kilomètres. Siemens Mobility et Bayerische Regiobahn (BRB) ont aussi signé un contrat pour la livraison d’un train qui sera testé à partir de mi-2023 en Bavière.
Du côté d’Hitachi, on estime que « ce n’est pas la priorité en Europe, tant que l’écosystème et les infrastructures ne seront pas là, analyse Adam Love, directeur de la communication externe et du marketing pour Hitachi Rail Limited. Nous mettons à Innotrans en avant notre train hybride à alimentation par batteries, électricité et diesel qui émet 50 % de CO2 en moins qu’un train diesel et qui circulera en Italie pour Trenitalia en fin d’année. » Alors que la compagnie italienne a prévu d’investir 7 milliards d’euros dans les trains régionaux, Hitachi a signé pour 1,2 milliard de contrats. Toutefois, Adam Love n’a pas manqué de citer Hybari en test en Japon, ce train à hydrogène développé par Hitachi et Toyota. La compagnie JR East qui est associée prévoit de faire rouler la première locomotive en service commercial à partir de 2030.
Pour Stadler, c’est l’Amérique
Le coréen Hyundai Rotem prévoit un tram alimenté en hydrogène avec une autonomie de 150 kilomètres en 2023 et une locomotive «high speed » pour 2030. L’espagnol CAF a commencé ses premiers tests statiques avant l’été dans son usine de Saragosse sur le train démonstrateur à hydrogène du projet FCH2Rail. Enfin, le suisse Stadler a choisi de traverser l’Atlantique pour lancer son premier train à hydrogène, le Flirt H2 destiné à la San Bernardino County Transportation Authority (SBCTA). Il doit entrer en service en 2024 et devrait disposer d’une autonomie de 600 kilomètres, tout en résistant à des températures de plus de 45°C, précise-t-on chez l’industriel helvète. Il a profité du salon pour annoncer une lettre d’intention avec le département des transports California Department of Transportation pour livrer quatre trains à hydrogène.
Olivier Cognasse Le suisse Stadler rencontre ses premiers succès avec le train à hydrogène en Californie.
Stadler semble plus avancé sur la technologie des trains à batteries, car il a déjà engrangé des commandes en Allemagne pour une centaine de rames. L’allemand Siemens met l’accent sur l’automatisation alors qu’il vient d’inaugurer en France coup sur coup l’automatisation de la ligne 4 du métro parisien et la mise en service du Cityval sur la ligne B du métro de Rennes. S’il a déjà développé un tram autonome, il travaille avec la Deutsche Bahn sur un train autonome pour passager avec des objectifs voisins de la SNCF et Alstom.
Les partenariats de Thales
Thales travaille avec les deux constructeurs et a fait rouler son train labo Lucy jusqu’à Innotrans. L’entreprise française qui rejoindra Hitachi d’ici mars 2023, selon les informations obtenues auprès du constructeur japonais, poursuit ses développements dans l’automatisation et la digitalisation des systèmes de gestion et de signalisation. D’ailleurs, Thales a signé un partenariat avec SMRT Trains (Singapour) pour rendre les transports plus verts et plus économes en énergie grâce aux nouvelles technologies de signalisation. Il va également travailler avec Etihad Rail sur la numérisation de la signalisation, la gestion du trafic et des flux passagers en temps réel. Pour ce partenariat avec la compagnie ferroviaire émiratie, la filière ferroviaire française a chassé en meute. La SNCF et Alstom vont également apporter leur savoir-faire.



