Le vaccin anti-Covid de Novavax à son tour autorisé par l'Agence européenne des médicaments

L'Agence européenne des médicaments a approuvé la mise sur le marché du vaccin contre le Covid-19 développé par l'américain Novavax. La Commission européenne avait déjà précommandé en août 200 millions de doses de ce vaccin à protéines recombinantes, une technologie depuis longtemps éprouvée.

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Vaccin Covid-19 Novavax
L'efficacité précise du vaccin de Novavax sur les nouveaux variants Delta et Omicron reste à déterminer.

Après Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson, c'est au tour de la société pharmaceutique américaine Novavax de proposer son vaccin contre le Covid-19 aux citoyens de l'Union européenne. Dans un communiqué publié lundi 20 décembre, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a « recommandé d'accorder une autorisation de mise sur le marché conditionnelle pour le vaccin Covid-19 de Novavax [...] pour prévenir le Covid-19 chez les personnes de 18 ans et plus ». Selon l'institution, il répond « aux critères de l'UE en matière d'efficacité, de sécurité et de qualité ».

Efficace à 90%

Les essais cliniques, auxquels ont participé près de 45 000 personnes, ont permis d'établir que ce vaccin baptisé Nuvaxovid était efficace à environ 90%. L'EMA précise que « la souche originale du SRAS-CoV-2 et certains variants préoccupants tels que Alpha et Beta étaient les souches virales les plus courantes circulant lorsque les études étaient en cours ». Ainsi, des études complémentaires sont actuellement menées afin de déterminer l'impact réel de ce vaccin face variant Delta ou au variant Omicron, bien plus virulents.

Novavax n'avait encore développé aucun produit depuis sa fondation il y a 33 ans, mais a su s'imposer dans cette course contre le Covid-19 grâce aux multiples avantages de son vaccin « sous-unitaire ». Tout d'abord, il repose sur une technologie à protéines recombinantes : il génère des anticorps qui empêchent la protéine Spike du virus d’infecter les cellules, sans avoir à recourir à un vecteur viral.

Conservation plus facile

Le fonctionnement de ce vaccin se rapproche de ceux administrés depuis plusieurs dizaines d'années pour lutter contre la coqueluche ou l'hépatite B. L'entreprise américaine pourrait séduire une partie de la population encore sceptique à la technologie à ARN messager (choisie notamment par Pfizer et Moderna), jugée trop récente. Le vaccin développé par Sanofi et GSK, dont les résultats ont été repoussés au premier trimestre 2022, utilise lui aussi des protéines recombinantes.

De plus, le Nuvaxovid n'a pas besoin d'être conservé à des températures polaires comme le vaccin Pfizer par exemple. Un stockage entre 2 et 8°C suffit. Un atout de taille pour un déploiement dans les pays émergents, d'autant que nombre d'entre eux n'ont pas encore atteint les 50% de taux de vaccination. Comme pour la majorité des autres vaccins, deux doses seront requises, injectées à trois semaines d'intervalle.

De nombreux contrats

Devant les promesses offertes par ce produit, la Commission européenne avait commandé 200 millions de doses (dont la moitié en option) à Novavax début août. Mais les 27 pays de l'Union ne sont pas les seuls à avoir signé un contrat avec l'entreprise américaine. Les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie, la Corée du Sud et le Japon attendent également des livraisons. La liste pourrait encore rapidement s'allonger.

Face à cet engouement, Novavax a dû réévaluer ses capacités de production : début juin, la société espérait produire 150 millions de doses par mois lors du quatrième trimestre 2021. Elle avait néanmoins dû retarder ses livraisons à l'Europe, en raison de « difficultés d’approvisionnements de certaines matières premières liées au contexte pandémique ». Le fait que l'entreprise ne possède que deux usines sur le territoire européen, en République Tchèque et en Suède, ne facilite pas le déploiement du vaccin.

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