Nouveau tempo pour le groupe Ducerf. L'entreprise de Vendenesse-lès-Charolles (Saône-et-Loire), spécialisée dans la première transformation du bois feuillu (sciage, séchage et vente, à 95% de chêne, pour 45% de son chiffre d’affaires) et dans la deuxième transformation (panneaux, carrelets de menuiserie pour les montants en bois des portes et fenêtres, bardages-lames de terrasse, à 60% en chêne, 15% en hêtre et d’autres espèces dont le peuplier et le frêne), prévoit d’investir entre 6 et 10 millions d’euros sur cinq ans, sur trois sites différents. Elle en compte au total six et a réalisé un chiffre d'affaires de 35 millions d’euros avec 160 salariés en 2020.
Intégrer verticalement la première transformation
“Nous avions suspendu durant la crise un plan d’investissement sur cinq ans, conçu en 2019. Il est en construction et en remodelage permanent”, précise àL’Usine Nouvelle Edouard Ducerf, PDG de l’entreprise créée en 1885. Les investissements les plus importants seront déployés sur son site historique de Vendenesse-lès-Charolles (entre 3 et 5 millions d’euros sur cinq ans, selon l’avancement du plan). Actuellement dédiée à la première transformation, cette usine va être agrandie. Une troisième ligne de sciages, "assez automatisée", sera installée pour réaliser des produits à destination de la deuxième transformation.
"Aujourd’hui, la scierie de Vendenesse-lès-Charolles ne fournit qu’à 15% les besoins de notre deuxième transformation. Or, il y a une disparition d’une centaine de scieries par an. Demain, nous aurons moins de fournisseurs, avec seulement quelques gros acteurs. Nous cherchons à augmenter la production de notre première transformation au service de la seconde”, explique Edouard Ducerf. Un travail sur l’informatisation du site, la gestion de la data et le déploiement de la fibre sera également mené sur deux ans. Autre type d’investissement prévu, l’amélioration des conditions de travail (pénibilité, ergonomie des postes, mécanisation).
A Charolles, bûchettes et construction
Sur un horizon de cinq ans, de trois à quatre millions d’euros devraient aussi être investis à Charolles (Saône-et-Loire). Ce site dédié à la deuxième transformation bénéficiera d’investissements liés à la mécanisation des postes de travail et aux transferts de flux dans la production au moyen de transbordeurs.
De plus, la ligne existante de bois bouté sera remplacée, afin de pouvoir augmenter la production de 40%. Ces petits morceaux de bois issus de la récupération dans les scieries sont reconditionnés pour fabriquer de longues lames en les revalorisant. Une solution à plus forte valeur ajoutée que leur transformation en broyats ou en bois de chauffage.
En outre, une deuxième presse pour coller les bois, à destination du marché de la menuiserie, sera acquise. Une ligne de valorisation des connexes (sciures, copeaux...) devrait, par ailleurs, voir le jour à Charolles. L’objectif est d’en faire des bûchettes, sur le modèle des pellets utilisés par les particuliers dans les poêles. Ducerf Groupe commercialisant ses produits auprès des professionnels, un distributeur spécialisé proposerait les produits sous son nom.
Concernant les autres perspectives du site, "nous cherchons à aller vers le marché de la construction, comme les murs porteurs, assez développés dans le résineux et peu dans le feuillu. Les développements sont évidents. Il n’y a pas encore de chiffre à mettre dessus, mais c’est un axe de développement stratégique à long terme", complète Edouard Ducerf.
Des profilés grands formats à Beire-le-Châtel
Enfin, à Beire-le-Châtel (Côte-d'Or), un site de deuxième transformation, une chaudière bois sera livrée en mars (250 000 euros investis). Elle permettra de revaloriser les connexes du groupe. Une troisième raboteuse équipera également ce site, racheté en 2011.
Une reconfiguration des ateliers, pour un montant estimé à 350 000 euros, est envisagée. L’objectif est de répondre à l’évolution de la taille des produits, "qui vont de plus en plus vers les 6 mètres de long, contre 2,50 mètres environ actuellement". Les fabricants de profilés s’adaptent à la demande des fabricants industriels de portes et fenêtres, qui souhaitent recevoir de grands formats pour pouvoir tailler à l’intérieur afin de réaliser des menuiseries sur-mesure.
15 embauches cette année
"Nous travaillons constamment sur notre marque employeur. L’amélioration des conditions de travail y participera. Il y a encore des charges à lever, par exemple, poursuit Edouard Ducerf, qui fait état de tensions sur les postes d’opérateurs de production qualifiés. C’est un problème global à l’échelle de la filière bois. Nous sommes, de plus, en plein emploi dans le Charolais, et en concurrence avec d’autres industries locales."
Quinze personnes seront recrutées en 2021. Un doctorant a déjà été recruté, afin de travailler sur les données de production afin d’optimiser la fabrication, les stocks et l’outil de gestion de la relation client (CRM).



