Quel est le poids des énergies renouvelables dans l’économie ? Jeudi 6 février, les représentants de la filière et le cabinet EY ont publié une étude sur le sujet. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) insiste sur les bonnes retombées sur l’emploi, alors que le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est toujours en consultation publique.
200 millions d’euros pour le gaz renouvelable
Le document a été publié à l’occasion du 21e colloque annuel du SER. Ce raout de la filière EnR a accueilli la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. Cette dernière a d’ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements dans des infrastructures de gaz renouvelable via un nouveau fonds baptisé “Eiffel Gaz Vert”.
Objectif : financer environ 50 à 100 unités de méthanisation. Ce fonds sera abondé par différents acteurs, dont Ademe Investissement, la Banque des Territoires, le gestionnaires d’actifs Eiffel Investment Group, GRTgaz ou encore Société Générale Assurances.

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“Une contribution nette pour l’Etat de 900 millions d’euros"
En 2019, les énergies renouvelables ont généré un total de 152 000 emplois équivalent temps plein, directs et indirects. En suivant la trajectoire de la PPE, ce nombre devrait grimper à 236 000 en 2028.
Les comptes de l’Etat profitent également des énergies renouvelables selon l’étude. EY et le SER estiment à 8,1 milliard d’euros les retombées fiscales des EnR contre 7,2 milliards d’euros de soutien public, soit “une contribution nette pour l’Etat de 900 millions d’euros et cela devrait monter à 2,8 milliards en 2028”, souligne Jean-Louis BAL, président du SER.
Coronavirus : "Nous voyons déjà les premiers signes de problèmes"
Selon le SER 80 % de la “valeur économique” de la filière est localisée en France. En pleine crise du coronavirus en Chine, le syndicat identifie tout de même des pistes d’amélioration, notamment en ce qui concerne l’énergie solaire.
"Nous voyons déjà les premiers signes de problèmes de livraisons, révèle Xavier Daval, vice-président du SER. Cela ne peut que renforcer le besoin que nous avons de reprendre la main sur l’outil industriel. Quand les approvisionnements dépendent d’un seul pays, ce qui est le cas pour la filière solaire, cela peut causer des problèmes." Selon lui, les entreprises françaises dépendent encore souvent de la Chine pour les panneaux photovoltaïques et les onduleurs (les composants qui permettent de convertir le courant continu des panneaux en courant alternatif).
Les EnR progressent peu dans la consommation électrique
La part des EnR dans le mix électrique français a peu progressé entre 2018 et 2019 : elle est passée de 22,9 % à 23 %. Le président du SER a rappelé "un été 2019 très défavorable à l’hydroélectricité du fait de la sécheresse". Il a aussi souligné un rattrapage des EnR au quatrième trimestre 2019 où elles ont représenté 25 % du mix énergétique. Mais cette part doit encore grimper à 40 % en 2030 selon les objectifs du gouvernement.
La puissance installée a progressé de façon plus soutenue, passant de 51 171 MW en 2018 à 53 609 MW (+4,8 %). Sans surprise, cette croissance est tirée par l’éolien (1 361 MW raccordés en 2019) et le solaire (890 MW).
Le SER vise un rythme de raccordement similaire en 2020. "Nous avons un gros enjeu sur le foncier et sur la répartition équilibrée et harmonieuse des éoliennes terrestres sur le territoire", a avoué Rosaline Corinthien, vice-présidente au SER. Des propos qui font écho aux doutes du président français Emmanuel Macron sur la croissance de l’éolien terrestre. Rosaline Corinthien a mentionné des groupes de travail au sein de la filière qui devraient formuler des propositions dès le printemps 2020.
"Il faudra poursuivre les efforts de simplification"
Le SER a répété sa satisfaction devant le projet révisé de programmation pluriannuelle de l’énergie. "Parmi les points positifs, le texte trace des perspectives ambitieuses de développement de la chaleur renouvelable", note le syndicat. Celui-ci souligne également le soutien aux agrocarburants (ou "biocarburants") de première génération et à la filière éolien en mer.
Le président du syndicat a toutefois décrit plusieurs pistes d’améliorations. "Il ne faut pas abandonner les réflexions sur la trajectoire de la taxe carbone. Nous ne pourrons pas avoir une croissance décarbonée si nous ne faisons pas une tarification du carbone”, a-t-il insisté.
Une revendication récurrente : le SER souhaite également un allégement des contraintes administratives. “Il faudra poursuivre les efforts de simplification et nous proposons que - pour l’éolien en mer - le conseil d’Etat puisse juger directement les recours sans qu’on doive passer par plusieurs étapes, ce qui est aujourd’hui systématique", a proposé Jean-Louis Bal.



