D'ordinaire, le salon de l'électronique grand public IFA est l'un des grands moments de la rentrée à Berlin. Durant une semaine, les allées des 40 halles d'expositions voient défiler près de 250 000 professionnels et badauds venus découvrir les nouveautés ou goûter des recettes de cuisine préparées par des chefs. Cette année, l'ambiance est radicalement différente, contexte d'épidémie oblige.
L'événement, qui a tenu à être l'un des rares à se maintenir physiquement, propose une configuration raccourcie sur trois jours. Seules quatre halles sont ouvertes, deux consacrées aux retransmissions des conférences des intervenants qui n'ont pas pu se rendre en Allemagne et les deux autres aux stands d'exposition. La plupart des grands noms, comme Samsung, Sony, Amazon... manquent à l'appel. Philips, comme LG, ont décidé de présenter leurs nouveautés dans des stands virtuels. Point de grand public non, la participation ayant été limitée aux professionnels B2B et à la presse accréditée.
Gwénaëlle Deboutte © Gwénaëlle Deboutte
Pas de quoi pourtant décourager les 170 exposants, au lieu des 2 000 habituels, qui ont fait le voyage jusqu'à Berlin. Jean-Christophe Agobert, président de Bleu Jour, fabricant d'ordinateurs de bureau basé à Toulouse (Haute-Garonne), est de ceux-là. "Nous sommes en phase de lancement de nouveautés et nous tenions à présenter nos produits, d'autant que c'est le seul salon physique qui aura lieu d'ici la fin de l'année, explique-t-il. Finalement, cette configuration dédiée aux journalistes nous permet de faire des contacts que l'on ne fait pas dans un IFA classique. Notre stand attire d'habitude le grand public, mais ce n'est pas notre cœur de cible”.

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Installé non loin de là, Marcus Cleff, directeur général de Wessel-Werk, entreprise de 500 personnes spécialisée dans les composants d'aspirateurs, voit également le côté positif des choses.
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"Nous sommes pragmatiques : cette édition nous offre la chance de nous démarquer car il y a beaucoup moins d'exposants, constate-t-il. Les échanges sont aussi plus qualitatifs".
Au-delà des traditionnels lancements de téléviseurs, de smartphones ou de domotique, cette forme inédite fait surtout figure de test. L'industrie allemande des salons, marquée par des annulations par dizaines, estime avoir perdu un quart de son chiffre d'affaires annuel soit un milliard d'euros, selon Harald Kötter, porte-parole de l'Auma, qui regroupe les organisateurs allemands de foires professionnelles. Dans ce contexte, quel peut être l'avenir de ces grands rassemblements ? Peuvent-ils être remplacés par des conférences en streaming ? "L'IFA 2020 se veut être le symbole du retour à la normalité, a répondu Jens Heithecker, le directeur exécutif de l'IFA, lors de la conférence d'introduction. Si les présentations virtuelles peuvent être une aide, il manque la dimension émotionnelle. Quand on en vient au business, nous avons besoin de contacts humains". L'objectif est aussi de ne pas casser le rythme pour faire repartir l'IFA 2021 de plus belle.
Pour obtenir l'autorisation d'ouvrir, les organisateurs ont conclu avec la mairie de Berlin un concept de règles d'hygiène drastique. Des annonces rappellent régulièrement aux visiteurs de conserver un écart de 1,5 mètre entre eux et de porter un masque. Des compteurs de personnes automatiques garantissent une limite de 750 visiteurs par halle. Enfin, une trentaine d'agents d'entretien désinfectent en permanence toutes les surfaces. Tout cela pour s'assurer que cette édition 2020 fera parler d'elle comme d'une grand-messe de l'électronique et non pour être devenue un nouveau foyer de contamination du coronavirus.
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