Entretien

Le rachat de Share Now est «une réelle opportunité», selon la directrice générale de Free2move (Stellantis)

La directrice générale de Free2move, Brigitte Courtehoux, explique sa stratégie derrière l'acquisition de la coentreprise Share Now détenue par BMW et Mercedes-Benz. Une opération qui devrait donner un coup d'accélérateur au service d'autopartage de Stellantis.

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Brigitte Courtehoux, directrice générale de Free2move.
Brigitte Courtehoux, directrice générale de Free2move.

L’Usine Nouvelle -. Que va apporter à Free2move l'acquisition de Share Now ?

Brigitte Courtehoux, directrice générale de Free2move -. Depuis que nous avons créé Free2move en 2016, notre vision est restée la même : nous voulons simplifier la mobilité de nos clients qui ne possèdent pas de voitures ou qui veulent passer de la possession à l’usage. Nous nous développons organiquement aux États-Unis où nous couvrons cinq villes. Et nous voulions continuer notre développement en Europe. Aujourd’hui, nous sommes présents à Madrid (Espagne) et à Paris. Share Now est déjà présent dans 14 villes européennes. C’est un gros acteur de la mobilité. Cette complémentarité était une réelle opportunité pour nous.

BMW et Mercedes ont évoqué le défi de trouver un modèle rentable dans l’autopartage. Pourquoi pensez-vous pouvoir faire mieux ?

Nous apportons la preuve par l’exemple. Nous sommes rentables depuis mi-2020. Notre modèle ne consiste pas uniquement à supporter nos voitures en propre. Nous proposons différents services de mobilité : à la minute, à la journée, au mois, des solutions de parking ou de recharge. Nous travaillons aussi avec des partenaires : des loueurs, des réparateurs indépendants et des distributeurs qui utilisent notre plateforme. C’est ce qui nous permet d’avoir autant de voitures intégrées. Nous avons un modèle suffisamment complet pour nous amener cette rentabilité. Et notre ADN est celui de Stellantis. Nous appliquons des règles d’efficience opérationnelle au quotidien.

Vous êtes surtout présent en Europe et aux États-Unis. Free2move va-t-il étendre sa présence à l’international, par exemple en Chine ?

Nous sommes allés en Chine il y a quelques années avec une solution d’autopartage à Wuhan. Cela n’a pas marché. Les prix doivent être bas avec la concurrence, nous n’arrivions pas à rentabiliser. Pour devenir rentable en 2020, nous avons dû faire des choix. Nous voulons d’abord bien faire en Europe et aux États-Unis, ce qui est déjà énorme. Nous allons nous concentrer là-dessus pour les deux à trois prochaines années. Une fois que nous serons solides, nous irons ailleurs.

La croissance projetée pour Free2move dans le cadre du plan stratégique de Stellantis est vertigineuse. Vous prévoyez de passer de 40 millions d’euros d’activité en 2021 à 2,8 milliards en 2030. Une telle croissance est-elle possible ?

Nous menons des actions concrètes pour atteindre cet objectif. C’est très ambitieux, cela ne va pas être un chemin facile. Il va falloir maintenir cette exigence de croissance tout en ayant une exigence opérationnelle. L’acquisition de Share Now est une étape. Depuis 2016, avant le Covid-19, nous avions plus de 100% de croissance par an. En 2020 et 2021, nous avons gardé de la croissance et nous démarrons plutôt bien 2022. Nous misons beaucoup sur la poursuite de cette croissance organique. Potentiellement, il pourrait y avoir d’autres acquisitions. Et notre marketplace grandit tous les jours. C’est le plan de bataille que nous menons.

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