Le projet de relocalisation des Cycles Mercier dans les Ardennes remis en cause

L’Etat ayant décidé de se désengager, le projet porté par Jean-Marc Seghezzi, propriétaire des Cycles Mercier, de relocaliser la marque française à Revin (Ardennes) a du plomb dans l’aile.

 

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Cycle Mercier
L'Etat se désengage du projet d'usine à Revin porté par les Cycles Mercier.

Voilà un coup de théâtre qui fait l’effet d’une douche froide pour la ville de Revin qui fondait beaucoup d’espoirs sur ce projet industriel appelé à générer 270 emplois directs d’ici 2027 sur la base d’une production annuelle de 500 000 vélos « musculaires » et à assistance électrique. L’Etat a annoncé jeudi 29 juillet qu’il ne participerait pas au montage financier d’un programme évalué à 11,6 millions d’euros. Ce projet de relocalisation annoncé en grandes pompes le 1er février 2021 est donc sérieusement compromis.

L'Etat fait machine arrière 

Il avait pourtant été confirmé le 15 mars dernier lors de la visite de la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Sur le site, elle avait annoncé l’apport de 6 millions d’euros d’aides publiques pour accompagner ce programme.

Le préfet des Ardennes, Jean-Sébastien Lamontagne, a fait savoir que, contrairement aux engagements pris alors, l’Etat n’aidera pas la réinstallation des Cycles Mercier en France et à Revin. « L’Etat ne pourra pas accorder les subventions qui avaient été envisagées au titre du plan de relance dans le cadre des fonds « Territoires de l’Industrie » (800 000 euros, Ndlr) et «  Friches industrielles » (5 millions d’euros) ». 200 000 euros devaient aussi être débloqués pour accompagner les demandes de formation.

Le représentant de l'Etat a fourni des explications peu détaillées. « Comme pour tout dossier industriel faisant appel à des subventions publiques, une instruction a été menée par différents services de l’Etat chargés de vérifier si tout était conforme. Dans le cadre de ces études, un certain nombre d’alertes nous sont remontées, donnant lieu à des investigations supplémentaires. Il y avait suffisamment d’éléments graves à ce stade pour conduire l’Etat à prendre, en responsabilité et au regard du bon usage des fonds publics, cette décision mûrement réfléchie. Cet arbitrage est assumé ».

Une information d’autant plus surprenante que le chantier de réhabilitation de l’ancien site Porcher (12 000 mètres carrés) allait être lancé le 1er septembre pour une entrée en production en début 2022. Deux lignes de montage suspendues, des unités de phosphatation et de sablage, quatre robots de peintures, une unité de fabrication de jantes et un atelier d’assemblage de roues étaient prévus sur place. Le recrutement de cadres avait déjà été entamé.

Incompréhension des élus locaux 

Ce revirement a donc fait l’effet d’un véritable coup de massue et provoqué la frustration des élus locaux. Bernard Dekens, le président d’Ardennes Rives de Meuse, a précisé que les 20% du projet global concernant l’immobilier d’entreprise n’avaient pas encore été alloués. La Région promettait pour sa part un soutien de deux millions d’euros. L’Union européenne ne s’était pas encore prononcée. Quant au porteur du projet, il finançait de sa poche 2,4 millions d’euros pour l’outil industriel.

Sans les aides publiques promises qui représentaient plus de la moitié de l’investissement total , il parait fort improbable que Jean-Marc Seghezzi concrétise son projet sur place.

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